APOLLINAIRE (Wilhelm de Kostrowitzky, dit...

Lot 5
Aller au lot
4 000 - 5 000 EUR
Résultats avec frais
Résultat : 4 030 EUR

APOLLINAIRE (Wilhelm de Kostrowitzky, dit...

APOLLINAIRE (Wilhelm de Kostrowitzky, dit Guillaume). Lettre autographe signée « Gui » à Louise de Coligny. Nîmes, 19 janvier 1915. 4 pp. in-8 sur un feuillet à en-tête imprimé du café Tortoni à Nîmes. « Mon Lou adoré, je suis fatigué, enrhumé mais bien portant, en somme. NE SOIS PAS TRISTE, MON LOU, TOUT S'ARRANGERA, SOIS GAIE. JE VOUDRAIS TE CÂLINER, TE DORLOTER , te dire des choses très douces. Sois calme, mon chéri, ma jolie. Je te dis toute la vérité, mon Lou, je ne me permettrais pas, à toi que j'aime, de dire autre chose. TOUT EST DANGEREUX DANS LA GUERRE, mais ce poste de Toutou [Charles Cousin, l'amant régulier de Louise de Coligny] ne l'est pas plus que bien d'autres et l'est moins que beaucoup d'autres. Que dis-tu, "illusions", mon chéri, il s'agit d'espérance, de confiance, courage, ne perds pas courage, prie, prie pour tout ce que tu aimes et surtout résignation, sacrifice. Lou, les femme doivent être résignées en cette affaire. TOUTOU ET MOI T'ADORONS, NOUS REVIENDRONS. Toutou sera près de toi, tu le reverras bien portant, mon Lou chéri, pas de folie, de la force, de la grandeur d'âme, du rire. Notre instructeur, Latty, neveu de l'archev[êque] d'Avignon a eu son frère bienaimé tué il n'y a pas longtemps. Il est gai et je t'assure qu'il aimait son frère, sacrifice, sacrifice. Surtout, pas de peur pour Toutou, il est protégé et ne risque rien et surtout pas la mort, donc, tranquillité ! Tranquillité ! Acquiers la tranquillité par le renoncement... Moi, rien au derrière. De plus en plus de travail. Aujourd'hui service en campagne à pied dans le mistral déchaîné et la glace, c'était mortel... Aussi, pas sorti ce soir. SI TON MARI ÉTAIT ICI, LE VENT DE MAINTENANT LE DÉCORNERAIT ! PAS DE NEURASTHÉNIE, C'EST IDIOT, MAIS SI TU ES DÉPRIMÉE, SUPPRIME MENOTTE [la masturbation] jusqu'à ce que tu ailles mieux. C'est absolument nécessaire. Mon Lou, je t'aime aussi comme pauvre conducteur de 1915 que je suis. Je t'aime de toutes mes forces et de tout mon courage... [Guillaume Apollinaire évoque ensuite son activité militaire, ses camardes, l'apprentissage des mathématiques]. JE T'ENVOIE UN BRIN DE SAUGE CUEILLI DANS MA PROMENADE D'AUJOURD'HUI... [Il pose une rafale de près de vingt questions, notamment sur des connaissances communes comme le poète Maurice Cremnitz, ici surnommé « le Pouilleux.] UNE DEVINETTE. QUELLE DIFFÉRENCE ENTRE TOI ET POINCARÉ ? RÉPONSE. QUAND TU ENTRES DANS MA CHAMBRE MON MEMBRE SE LÈVE, QUAND POINCARÉ ENTRE À LA CHAMBRE, TOUS LES MEMBRES SE LÈVENT. Il y a dans ma chambre un [maréchal des] logis de 48 ans majestueux, quand il dort, c'est magnifique et antique. Il est de Salon, qui fut la patrie du prophète NOSTRADAMUS QUI EST UN GRAND POÈTE. Je t'aime comme on ne pourrait pas t'aimer plus. Tu es belle, exquise et le seul Lou du monde qui vaille la peine de vivre. À samedi... » AVEC UNE APOSTILLE DE LOUISE DE COLIGNY : « Laisser cela », en marge du paragraphe de la devinette érotique. Elle a au contraire biffé au crayon plusieurs passages, dont ceux concernant « menotte » et son mari. Il s'agit probablement là de notes préparatoires à l'édition des Lettres à Lou imprimée en 1955 pour l'éditeur Pierre Cailler mais mise au pilon.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue