Rare ensemble d’officier supérieur de cuirassier...

Lot 291
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30 000 - 35 000 EUR

Rare ensemble d’officier supérieur de cuirassier...

Rare ensemble d’officier supérieur de cuirassier (1813-1815) - Casque d’officier général Bombe à la Minerve en argent massif replané, poinçonnée à l’intérieur, au fond (poinçons de titre, de garantie et d’orfèvre). Cimier en laiton en partie doré, à ailerons estampés de godrons, de feuilles d’acanthe et de filets torsadés. Masque du cimier orné en haut d’une tête de Méduse et, en partie basse, d’une palmette (manque le motif à la cuirasse). Il est recouvert d’une plaque estampée en relief à décor en suite de feuillages sur fond amati. Marmouzet boule, en laiton (dédoré), décoré de coquilles, perles et serpents entrelacés, à douille décorée de feuilles d’eau et portant deux étoiles d’argent. Houpette de marmouzet en crin noir. Turban en carton fort et visière à jonc en laiton, recouverts de peau (postérieurement), (manque le cerclage de cuir sur l’arrière). Jugulaires à écailles, (quelques unes remplacées), sur fond de cuir (postérieur), attaches de jugulaires et floches en passementerie de fils d’argent. Rosaces en argent à fond amati surmontées de têtes de lion en laiton doré (manque une). Crinière, (clairsemée), en crin noir. Manque la coiffe intérieure. Plumet actuel en plume blanche à olive ancienne en laiton doré. - Cuirasse Au modèle de la troupe, en tôle d’acier bordée de rivets en laiton, à deux épaulières d’officier maintenues par une tête de lion (manque une), en cuir de Russie, recouvertes de drap écarlate bordé d’un galon doré (traces d’insectes). Les épaulières sont recouvertes chacune de trois gourmettes à anneaux entrelacés en laiton doré, agrafes en laiton découpé, finement ciselé de feuilles de chêne. Tirant et ceinture en cuir de Russie recouvert de drap écarlate fraise bordé de galon blanc et doré moderne (trace de mites). Boucle de ceinture en laiton à un ardillon (fixation par vis postérieure). - Sabre d’officier de cavalerie lourde, (cuirassier), dit à garde de bataille. Monture en laiton. Calotte à courte queue. Poignée en bois recouvert de basane (manque par endroit) d’époque Premier Empire. Remonté avec une lame unie de troupe, cintrée, à dos plat, gravée « Manufre du Klingenthal Coulaux freres», à contre tranchant et pans creux, anciennement à l’époque. Fourreau en tôle de fer, à deux grandes garnitures en laiton découpé gravé de frises de losanges, portant deux anneaux. Longue bouterole en suite ornée d’une fleur, de feuilles de chêne et d’ailes de chauve souris. A.B.E. Epoque Premier Empire. Cet ensemble a été en partie restauré et, malgré ses « rides», reste très rare à ce jour. La cuirasse et le sabre étant d’un modèle plutôt simple, destiné à servir à la bataille et non au défilé, doivent par conséquent être considérés au regard de leur historique et de leur appartenance comme ayant pu notamment servir à la bataille de la Berezina. On y joint une copie de sa nomination: Au Palais des Tuileries, le 7 février 1813 Pour reconnaître la conduite distinguée qu’a tenue le colonel Dubois et le 7e régiment de cuirassiers a la bataille de la Bérézina en chargeant seul un carré de 7.000 Russes et leur faisant mettre bas les armes, nous avons décrété et décrétons ce qui suit: Art. 1er. Le colonel Dubois est nommé général de brigade. Art. 2. Notre ministre de la guerre est chargé de l’exécution du présent décret. Signé: NapoléonBiographie et historique : Jacques Charles Dubois Reux (Pont-l’Evêque), 27 novembre 1762 Sens, 14 janvier 1847. Frère cadet de Charles François Dubois-Thainville, chargé d’affaire de la République Française et commissaire-géneral des relations commerciales à Alger. Fils d’aubergiste, enrôlé volontaire au Régiment Colonel Général des Dragons (futur 5ème de l’arme) le 3 mars 1781, il devient brigadier dans la compagnie de la compagnie de Laurencin en 1784 et occupe le poste de maître de manège. Ayant obtenu un poste de fonctionnaire à la Régie des aydes, il obtient son congé absolu en mars 1789, alors que son frère qui l’avait rejoint en 1784 se lance dans l’agitation parisienne et se fait un surnom dans la Révolution : « Thainville». Grâce de ressources que, Dubois se trouvant sans emploi du fait de la suppression des aydes, obtient en mars 1792, une sous-lieutenance au 16ème régiment de dragons ( ci-devant « Orléans» ). Son escadron, fait partie du corps expéditionnaire envoyé Saint-Domingue pour chasser les esclaves révoltés et imposer aux colons les réformes votées par l’Assemblée Législative. Rapidement promu lieutenant puis capitaine à titre provisoire (12 juin 1793) par décès pour cause de maladie des titulaires. Sous les tropiques, les haines entre colons, mulâtres et nègres sont exacerbées et sa première expérience est celle de la “sale guerre”. Lors du terrible incendie du Cap, il est obligé, pour échapper aux flammes, de s’embarquer à bord de l’Escadre Mutinée qui trouve refuge dans la baie de Chesapeake. Les consuls français de New-York et de Baltimore feront connaître au ministre des Relations Extérieures « la conduite pleine de sagesse et de fermeté que le capitaine Dubois avait tenue pour rétablir l’ordre et la discipline parmi les troupes embarquées sur l’escadre... » Rentré en France à la fin de 1794, ce qui reste de l’escadron est employé en Vendée sous les ordres de Canclaux et de Hoche avant de rejoindre, fin 1795 le régiment à l’Armée du Nord. C’est l’époque de la grande famine et les dragons sont affectés à la protection des convois de grains et à la lutte contre les brigands. Envoyé en renfort à l’Armée de Sambre et Meuse en septembre 1796, il arrive trop tard pour être utile - Jourdan est en pleine retraite – mais pas trop tard pour recevoir une blessure suffisamment grave pour lui valoir six mois de convalescence. Après un passage à l’Armée du Rhin, au printemps 1798, le 16ème dragons est envoyé en Lombardie pour remplacer les troupes parties en Egypte. En novembre, sous Championnet, au Nord de Rome, il combat les napolitains qui se sont emparés de la ville éternelle. Il se distingue à Ostricoli le 9 janvier 1799 : « Un bataillon napolitain posté dans un ravin nous causait beaucoup de mal par son feu et paraissait inabordable . Entraîné par son chef de brigade, suivi d’un autre capitaine, d’un sous lieutenant et d’un dragon du régiment il saute dans un ravin pour lui faire face. Démonté il continue de combattre à pied (ce qui est la vocation des dragons) fait une vingtaine de prisonniers qu’il emmène avec quelques hommes venus à la rescousse. », puis à la Storta. Entré à Naples avec Championnet, et assiste à la création de la République Parthénopéenne. Le 16ème dragons est employé dans les Pouilles à exterminer, sous Duhesmes, les bandes de Fra- Daviolo, lorsque l’armée de Naples, a` présent commandée par Macdonald, est rappelée dans le Nord de l’Italie d’où les français ont été chassés par les autrichiens et le corps russe de Souvaroff. Il est durement éprouvé à la bataille de la Trebbia ou il perd son colonel. Sa brillante conduite à Novi où il protège la retraite le signale à l’attention de. Moreau qui demandera pour lui le grade de chef d’escadron. Ayant rejoint l’armée de Batavie (Augereau) le régiment participe à la campagne de l’automne 1800 en Allemagne et se trouve en mauvaise posture lorsque la victoire de Hoenlinden met fin aux hostilités... En garnison en Belgique en 1802, Dubois épouse une demoiselle Charlotte de Heems fille d’un officier de l’Empire et appartenant par sa mère Madame de Robiano à la noblesse ultra-royaliste bruxelloise, rien moins que la filleule du duc Charles de Lorraine ! Elle faut dire que la belle se trouvait dans une situation intéressante. Mais sa principale préoccupation est d’obtenir le grade de chef d’escadron promis par Moreau, ce qui n’est pas alors la meilleure des recommandations ! Et puis la paix n’est ne favorise pas les promotions. Activement soutenu par son frère qui fait intervenir Talleyrand, et par sa belle-famille, lors de la visite de Bonaparte à Bruxelles il finit par être promu chef d’escadron au 3 e régiment de dragons, le 3 octobre 1803. il est envoyé au camp de Boulogne. Le 15 aout 1804 il reçoit la Légion d’Honneur des mains du nouvel Empereur. En 1805 il fait la campagne d’Allemagne dans la division des dragons à pieds de Baraguey d’Hilliers qui ayant mécontenté l’Empereur est envoyé sur un théâtre d’opération secondaire – le Tyrol – se trouvant de ce fait « privé d’Austerlitz». Cela n’empêche pas Dubois d’être nommé major au 5ème régiment de dragons ( cidevant Colonel Général où il a fait ses débuts . En l’absence du colonel blessé à Austerlitz, c’est lui qui commande le régiment en Prusse, puis en Pologne. S’il n’est pas à Iéna ni à Auerstaedt, il est de la poursuite légendaire et contribue à la capitulation de Hoenloe à Prentzlow. De de Varsovie il pourra écrire à son frère : « Je ne te parlerai pas 212 / OSENAT / de cette étonnante campagne, ceux qui en sont les acteurs sont tous étonnés et le seraient bien d’avantage s’ils n’avaient pas Napoléon à leur tête». Le temps de conduire à Berlin les drapeaux pris à l’ennemi, la division de dragons de Baumont est envoyée en Pologne. Il fait tout la campagne de l’hiver 1806-1807. Parmi les premiers régiments à avoir pris pied sur la rive gauche du Bug il est constamment à l’avant-garde, notamment à Golymin sous les ordres de Rapp qui est blessé à la tête de la division. Les fastes de la Légion d’Honneur relatent ainsi ses faits d’armes : « Le 4 février 1807, à la tête de la compagnie d’étite, il alla reconnaître une colonne d’infanterie russe qui filait dans un ravin, ayant atteint son arrière-garde, il la chargea avec vigueur, la culbuta et lui fit des prisonniers. L’audace et l’intrépidité dont il fit preuve dans cette rencontre excitèrent l’admiration de toute l’armée, et lui valurent les éloges flatteurs du prince Murat. Le 8 du même mois, à Eylau, il dégagea deux bataillons d’infanterie vivement pressés par une cavalerie très nombreuse, le major Dubois effectua sa retraite en bon ordre sous ce feu meurtrier e t ce malgré les cosaques qui le jusqu’à ce qu’il eut rejoint le gros de l’armée. Il courut les plus grands dangers dans cette affaire et eut un cheval tué sous lui par un boulet. » Nommé colonel du 7e régiment de cuirassiers le 25 juin 1807 et baron de l’Empire le 17 mars 1808 avec une dotation de 4000 francs prise sur le département de Trasimène. En 1809, il est en Allemagne au sein de la division Espagne. Le 22 mai, entre Essling et Aspern, au prix de lourdes pertes, les cuirassiers parviennent à tenir les troupes de l’Archiduc Charles éloignée du Danube dont le pont est rompu. Le 6 juillet suivant, à Wagram, du côté de Neusidel, il est blessé d’un coup de feu à la hanche droite en chargeant un carré d’infanterie ennemie a la tète d’un peloton du 7ème de cuirassiers. Rentré en France après quatre années d’absence, vient le temps des récompenses et du repos. C’est à cette époque qu’il acquiert la cuirasse, le casque, et le sabre que nous connaissons. Pendant l’été 1811 le régiment est envoyé au camp d’Utrecht. Le 8 octobre, le corps d’Oudinot est passé en revue par Napoléon. Satisfait de la belle apparence du régiment, l’Empereur le fait Dubois officier de la Légion.d’Honneur. Le lendemain le 7ème cuirassiers ferme la marche lors de l’entrée de l’Empereur à Amsterdam. En 1812, faisant partie du 2e corps d’Oudinot. Chargé de protéger l’aile gauche de la grande armée et de fixer les troupes de Wittgenstein la division de Doumerc ne va pas à Moscou, c’est ce qui lui vaudra l’honneur, seule troupe encore en état de combattre, de protéger le passage de la Grande Armée à la Bérézina. Ayant traversé en premier la rivière, le 2e corps prends position sur la rive droite pour interdire à Tchichagoff d’attaquer la tête de pont. Ce sera pour le 7ème cuirassier et son colonel le jour de gloire. Amplifié par la propagande impériale, ce beau fait d’arme faisant de lui et de son régiment les sauveurs de la Grande Armée, lui valut une certaine célébrité. Malheureusement, très malade et déprimé le nouveau général agé de 50 ans et comptant 32 années de service effectif n’aspire plus qu’à rentrer en France pour s’y soigner. Il faudra qu’il attende le mois de juillet 1814, car l’Empereur qui connait sa compétence en matière de chevaux l’envoie à Hambourg pour accueillir la remonte et les recrues et en faire de beaux escadrons ! Enfermés dans la place sous les ordres du terrible Davout les français ne se rendront que lorsque l’on leur aura apporté la preuve du retour de Louis XVIII. Le dossier Dubois au Service Historique de la Défense garde la trace de ses nombreuses tentatives pour obtenir un emploi. En mars 1815, il propose son épée au roi « pour arrêter l’usurpateur». Peu rancunier, Napoléon lui confie une brigade. Et c’est à la tête des 1er et 4ème cuirassiers ( division Wathier, corps de Milhaud ) qu’il chargera à la bataille du Mont Saint-Jean, avec succès contre bataillon de Lunebourg au début de la bataille, puis à gauche de la Haie Sainte avec toute la cavalerie menée par Ney. Blessé à la fin de la journée il se réfugie dans un carré de la garde où il est pansé. Réfugié à Valenciennes où il soigne sa blessure il écrit au ministre de la guerre pour se solidariseous les officiers généraux ralliés à Napoléon, il se retire à Villeneuve du sort de l’armée. Frappé d’une mesure d’éloignement il se retire à Villeneuve- sur-Yonne, puis s’installe à Sens. Eté 1830, Louis Philippe décide d’honorer les gloires de l’Empire. A 68 ans, le héros de la Bérézina, tiré de sa retraite, est nommé commandant de la 2e subdivision de la 18e division militaire le 11 août, puis commandant de département de l’Yonne le 15 décembre. Il est en outre nommé Commandeur de la Légion d’Honneur le 20 avril 1831. Réadmis à la retraite le 1er mai 1832, celui qui, en novembre 1806, écrivait à son frère : « Comme je commence à être vieux et que par conséquent que je suis plus dur à tuer qu’un autre, j’espère que je survivrai encore à cette nouvelle guerre... » à encore quinze années à vivre. Il s’éteindra le 14 janvier 1847. Les troubles survenus à Sens à l’occasion du premier anniversaire de sa mort – bravant l’interdiction de la municipalité, le capitaine de la Garde Nationale, Dodet, avait fait rendre les honneurs sur sa tombe – sont considérés comme un des prémices de la Révolution de 1848. Son nom est inscrit au côté Nord-Est de l’Arc de Triomphe de l’Etoile. Le casque, la cuirasse et le sabre ont été reproduits et identifiés dans la Sabretache de 1891. Ils avaient alors été communiqués par Edouard DETAILLE et reproduits en aquarelle. Les comparaisons des pièces montrent qu’il s’agit bien de notre ensemble.
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