1938 PEUGEOT 202 "Félicie"

Lot 106
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1938 PEUGEOT 202 "Félicie"

Numéro de série 867349

La plus célèbre des 202

Carte grise française de collection



Une fois n’est pas coutume, nous ne parlerons pas du modèle 202, nous ne parlerons pas de fiches techniques ou de chiffres, nous raconterons une histoire. L’histoire de Félicie qui, menée de mains de maîtres par ces six courageux et joyeux lurons que sont Igor Biétry, Thierry Dubois, Jean-Jacques Lesage, Patrice Coutant, Renaud Delannoy et Jean-Claude Amilhat, parvint à faire le Tour de France en ce début d’année 2019.



L’histoire de Félicie commence quand se termine celle de Joséphine, la Juvaquatre qui roula sans relâche sur le circuit de Montlhéry l’an passé. En effet, un projet en amène un autre et l’idée de Félicie germa dans l’esprit d’Igor et de Jean-Claude, car oui, Félicie aussi a droit à son heure de gloire. L’objectif fut alors de faire le tour de France en 7 jours et 3 300 kilomètres à cette sympathique Peugeot 202 de 1938 ! Cette « idée à la con » comme ils aiment à l’appeler, vient ainsi d’une page de réclame de la firme sochalienne, qui, en pied de nez au record du losange, prouvait qu’une voiture « strictement de série » était capable d’avaler de grandes distances sur route et en peu de temps ! L’idée était là, ne restait plus qu’à avertir deux protagonistes majeurs de l’épopée Joséphine, j’ai nommé les Thierry Dubois et Jean-Jacques Lesage. Un brin agacés par les idées saugrenues de leurs amis, ces deux braves ne purent qu’acquiescer d’un soupir ou d’un grognement, le programme des 500 kilomètres quotidiens de nationales et départementales qui les attendaient. Si les quatre mousquetaires useront le volant de Félicie jusqu’à 12 heures quotidiennes, ce seront Patrice Coutant et Renaud Delannoy qui s’occuperont des 30 chevaux de la petite Sochalienne. Seulement, à cette page-ci de l’aventure, les chevaliers n’avaient pas de monture comme le fit justement remarquer Jean-Claude à Igor… Mais, Igor a eu du bol, la baraka même ! Une petite lionne de 1938, « La même que celle du record, tu te rends compte ? » dormait à 20 bornes de chez lui. « Bon d’accord, elle a été repeinte en rouge… Et elle est super dangereuse à conduire ! », ces paroles rappelèrent à Jean-Claude, celles de la chanson de Fernandel… « Elle avait du jeu dans les rotules, Félicie aussi ! Elle avait de grosses fuites, Félicie aussi ! Elle fumait comme un chalutier, Félicie aussi ! ». Les ingrédients pour une bonne soupe de problèmes à résoudre avant le voyage ! Mais sans interrogation, il n’y a pas d’aventure ! Renaud et Patrice n’avait eu le temps que de refaire le train avant et le boîtier de direction, ils changèrent aussi la culasse poreuse en Alpax, remplacée par une en fonte plus solide, mais ils eurent le temps d’apercevoir des pistons usés et des soupapes de 80 ans… Les freins étaient grippés et l’instrumentation en grève. Certes, on imaginait bien cette 202 faire un trajet à la boulangerie le dimanche matin, mais de là à traverser la France, jamais personne n’y aurait songé. Pourtant, il est 16h50, le samedi 4 mai, l’heure du départ a sonné et Thierry rejoint Jean-Jacques dans l’habitacle de Félicie, enfin, devrait-on dire que Thierry se colle à Jean-Jacques dans l’habitacle de Félicie tant l’espace y est compté. Les quatre amis n’avaient pas de plan pour ce road-trip à l’ancienne, ils rouleront tant qu’ils voudront et pourront, mais aujourd’hui, l’objectif est de rejoindre Sochaux, soit 450 kilomètres à avaler ! Le départ se fait en grandes pompes, enfin, c’est une expression, il pleut, et les mécanos font grise mine à voir Félicie s’élancer dans son périple. Dès les premiers kilomètres le camion d’assistance et la Seat d’Igor perdent la Peugeot, pourtant, le tracé fut dûment tracé au surligneur sur une carte de France, de l’organisation de haut-vol ! C’est à un rond-point bien connu de Fontainebleau (tiens donc…) qu’Igor et Jean-Claude s’arrêtent dans l’espoir d’immortaliser le passage de leurs amis. Mais un coup de fil leur apprend que Félicie est déjà bien loin, elle trace sa route et Thierry de s’exclamer « Ah les branleurs ! ». Tout va bien à ce moment de l’aventure, enfin, la voiture roule quoi… Parce-que oui, réveiller une mamie de 80 ans et lui dire qu’elle fera plus de 3 000 kilomètres en une semaine, ça peut lui entrainer quelques courbatures. Des bruits suspects émanent de temps à autres, mais surtout, le mécanisme d’essuie-glace sacrifie le balai droit, ouf ! Le gauche fonctionne encore ! A Chaumont, Thierry prend le volant, coude à la portière malgré le froid, non-pas pour avoir la classe, mais simplement pour caser son gabarit. Jean-Jacques à côté parait minuscule, Igor et Jean-Claude en rient, sans savoir que le siège passager avait en fait rendu l’âme sous les fesses de Sieur Dubois. Igor finit par prendre le volant de Félicie, et que dire si ce n’est que tout va bien. Le second rapport saute, la voiture tire de côté au freinage et l’essuie-glace orphelin appelle son frère perdu dans un couic déchirant. Après le plateau de Langres, la neige apparaît (oui, nous sommes le 4 mai), la visibilité est nulle, Igor roule au radar, apercevant dans le blanc du paysage, ce qui semble être une route à travers la lucarne dégagée par l’essuie-glace. Sochaux est sous la neige lorsque Félicie franchit les portes de Sochaux, un dîner chaleureux attend les comparses dans l’enceinte du Musée de l’Aventure Peugeot.

Le lendemain, Félicie couverte de neige ne rechigne pas à démarrer, prête à engloutir les 650 kilomètres du jour. Au fil des kilomètres, la brave auto retrouve son souffle, comme si l’on avait forcé un fumeur à faire un marathon, elle retrouve de plus en plus la santé. Malgré cela, la météo ne s’améliore guère, forçant l’équipée à prendre un pique-nique sous un local poubelle en face d’un cimetière… Quel luxe. Thierry au volant roule tambour battant, pressé de retrouver sa nationale 7, tandis que chaque arrêt est l’occasion de vérifier les niveaux de la machine et des hommes ! C’est au niveau de Vienne que la fameuse N7 pointe le bout de son bitume, la voiture poursuit sa route sous un ciel dégagé par le mistral venu du sud. Tout au long du chemin, les signes amicaux de propriétaires d’anciennes autos ou motos font légion, jusqu’à l’arrivée à Avignon, ou en Avignon, ça dépend. Là, un club au complet accueille nos amis pour lui offrir gîte et couvert. Voir six farfelus traverser la France au volant d’une grand-mère est aujourd’hui considérer comme un exploit dans ce monde aseptisé qui nous entoure. Camargue, Minervoise, Trèbes, le Comminges, les kilomètres se suivent et ne se ressemble pas pour la petite Peugeot. Le col du Tour-Malet étant fermé, les deux mécanos Patrice et Renaud en sont soulagés. A Lourdes, nos six bonshommes ne peuvent s’empêcher d’acquérir une petite vierge en plastique, qui, certainement made in China, ne pourra arranger les quelques soucis mécaniques que connaît Félicie, pourtant, elle marche, enfin, roule de mieux en mieux ! Après un pique-nique en compagnie de collectionneur venus les rejoindre à Peyhrorade, les mécanos formulent le souhait de faire une petite révision à la brave Peugeot. C’est au garage de Pessac Automobiles que la belle se fit vérifier roulements, direction, freins mais aussi, les essuie-glaces. Sacrée bonne idée car le lendemain, la pluie revint. Sous des trombes d’eau, Félicie rejoint Nontron où un autre groupe d’amateurs éclairés attend les aventuriers passés des temps modernes, le tout autour d’une bonne assiette périgourdine comme on les aime. Repartie sur la route avec Jean-Claude au cerceau, la Sochalienne vole jusqu’au Mans ! La ligne droite des Hunaudières, elle l’avala, les portes de Saint-Malo, elle les franchit, les dunes du Mont Saint-Michel, elle les foula, et les planches de Deauville, elle s’y posa. Enfin, au bout de 3 300 kilomètres, l’autodrome de Montlhéry pointait ses courbes, les comparses se demandaient même pourquoi n’avaient-ils pas entrepris un tour du monde tant la lionne les surprenaient par sa fiabilité ! C’est à ce moment-même que la commande d’essuie-glace leur resta entre les mains, ils n’aimaient décidément pas la pluie, Félicie… non-plus !

Cette Peugeot 202 n’est plus une automobile, c’est le témoignage d’une aventure, du toupet de six courageux qui osèrent se lancer à l’assaut de ce tour de France dans une époque où le voyage n’est qu’une attente. Ils parvinrent à faire de ce voyage, un but, sans pour autant avoir d’autre but que celui de revenir au point de départ alourdis de souvenirs ! A qui prendra possession de Félicie, nous ne pourrons donner qu’un conseil, de la faire vivre comme elle fit vivre Igor, Thierry, Jean-Jacques, Jean-Claude, Renaud et Patrice.
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