GENLIS (Stéphanie-Félicité Du Crest de)....

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GENLIS (Stéphanie-Félicité Du Crest de)....

GENLIS (Stéphanie-Félicité Du Crest de). Nouveaux romans. Se trouve à Londres, chez Deboffe , A. Dulau et Co., 1802- 1804. 6 (sur 7) volumes in-8, (4)-275-(1) + (4)-266 + (4)-268 + (4)-268 + (4)-268 + (4)-274 pp., demi-veau fauve à coins fileté et orné de fers aux vases antiques dorés, volume IV manquant, reliures usagées avec coiffes et mors restaurés, dos brunis, une garde détachée dans les vol. II et III, traces de cire de bougie dans les vol. III et V avec petites déchirures, taches et rousseurs éparses (reliure anglaise de l’époque). Parmi les titres, Le Malencontreux, ou Mémoires d’un émigré, roman dans lequel peuvent se lire des pages hostiles à la démocratie avec des extraits malicieusement choisis dans les philosophes des Lumières. Personnalité romanesque et cél èbre pédagogue d’inspiration rousseauiste , la comtesse de Genlis (1746-1830) avait été dame d’honneur de la duchesse de Chartres et chargée de l’éducation des enfants de la famille d’Orléans. Séduisante, fantasque, intrigante - elle eut une fille naturelle de Phillipe-Égalité et tenta de jouer un rôle en faveur des Orléans - madame de Genlis laissa surtout son nom dans l’histoire de la pédagogie pour la réussite indéniable de l’éducation rousseauiste qu’elle donna à Louis-Philippe Ier et à ses frères et sœurs. Elle publia de nombreux ouvrages pédagogiques, et laissa d’importants Mémoires (1825). De la biblioth èque de Napoléon Ier à Sainte -Hél ène (estampille ex-libris armoriée sur le titre de chaque volume). Sous le Consulat, Napoléon était venu en aide à madame de Genlis quand elle était revenue d’émigration dans un état de grande pauvreté, en la nommant dame inspectrice des écoles primaires. À Sainte-Hélène, il dirait au grand-maréchal Bertrand qu’il avait compté Mme de Genlis parmi ses correspondants réguliers, mais qu’il lisait ou ne lisait pas ce qu’elle lui écrivait, et ne répondait jamais : « Mme de Genlis envoyait souvent un conte, une rêverie, ce qui lui passait par la tête » (Cahiers de Sainte-Hélène, 1er mars 1817). Napoléon lut des ouvrages de madame de Genlis à Sainte-Hélène, comme le rapporte Las Cases dans son Mémorial à la date du 19 octobre 1816 : « L’empereur m’a fait appeler sur les trois heures dans le salon. Il s’est fait apporter les petits romans de Mme de Genlis. Il en a parcouru tout haut quelques-uns. Il les a bientôt laissés , ils ne lui disaient rien, remarquait-il. Il n’en était pas ainsi de moi, quelques pages ont touché des cordes délicates ». Si l’empereur critiquait les romans de madame de Genlis, il lui reconnaissait une place dans la littérature par la valeur exemplaire des caractères qu’elle dépeint. Ainsi, le 4 octobre 1816, Napoléon fit l’éloge, en le rapprochant des personnages de madame de Genlis, d’un prince émigré dont Las Cases lui disait qu’il avait dû survivre en donnant des leçons de mathématiques , et il parle encore des œuvres de la comtesse le 21 octobre 1816 au cours d’une conversation avec Las Cases sur les femmes de lettres. À cet égard, la clef de son regard critique se trouve sans doute dans ce passage des Cahiers de Sainte-Hélène du grand-maréchal Bertrand daté de janvier 1819 : « Napoléon lit des romans écrits par des dames. «Elle mettent trop l’amour en première ligne. Les femmes surtout veulent que l’amour soit la principale occupation, le premier besoin et le premier sentiment des hommes». » Provenance : Le libraire Martin Bossange. Marie Bennet (ex-libris manuscrit sur la première garde de chaque volume, daté d’avril 1823, avec mention de la même main évoquant Bossange dans le premier volume). Bibliothèque des barons de Kusel (vignette ex-libris sur les premiers contreplats).
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