PELLERIN (Antoine). Manuscrit autographe...

Lot 28
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PELLERIN (Antoine). Manuscrit autographe...

PELLERIN (Antoine). Manuscrit autographe signé (p. 583). [1856]. 610 pp. in-4, soit : 2 pp. non chiffrées, 190 pp. chiffrées 1 à 190, 2 pp. non chiffrées, et 416 pp. chiffrées 191 à 606 , à la fin, une trentaine de feuillets blancs. Le tout relié en un volume de demi-basane brune filetée (reliure moderne avec matériaux anciens). Mémoires militaires d’un brigadier au 10e régiment de Chasseurs à cheval (1809 à 1815) Soldat promu brigadier en 1813, il remplit à plusieurs reprises des fonctions auprès des états-majors du maréchal Soult et du général Conroux. Originaire de Sauvoy dans la Meuse où il avait été formé comme tailleur de pierre, Antoine Pellerin se présente en 1856 comme « un vieux soldat de Napoléon, qui n’a plus rien à faire que de pancer [s]es vieilles blessures », passant ses nuits à « ressasser [s]es vieilles campagnes » et ses journées à les raconter, soulevant parfois l’incrédulité (« d’autres disse «voilà des craques» »). Il dit s’être donc décidé, pour ses descendants, « à an écrire un petit volume » : « ils racontera exactemen seulement ce qu’ils y a de plus marquan - il n’a pas besoin de riens amprunter à d’autre, ils an a assé des siens... » Ces mémoires ont d’ailleurs une visée autobiographique plus large que sa seule participation aux guerre impériales, puisqu’il les poursuit jusqu’en 1856 et y inclut des anecdotes de sa vie de garde-chasse après sa retraite militaire. Aux Pays-Bas : face aux Anglais à Walcheren (août 1809, pp. 10-12) Après avoir tiré au sort un mauvais numéro, Pellerin dut quitter son pays en janvier 1809 comme conscrit : d’abord intégré dans l’Infanterie, il demanda et obtint d’être versé dans la cavalerie légère, étant alors affecté au 10e régiment de Chasseurs à cheval basé en Espagne (pp. 1-9). Mais avant de rejoindre son affectation, il fit partie des troupes dirigées sur les Pays-Bas pour contrer le débarquement anglais : c’est à Ysendyck et Breskens, face à l’île de Walcheren qu’il eut sa première expérience de la guerre. En péninsule ibérique : guerrilla espagnole et offensive de Wellington (décembre 1809-juin 1814, pp. 16-146) Antoine Pellerin entra en Espagne en décembre 1809 et participa en Biscaye et en Navarre à des opérations contre les partisans de Francisco Javier Mina (décembre 1809-janvier 1810, pp. 16-27). il gagna ensuite la Castille, où, dans les premiers mois de 1810, il suivit le 26e régiment de Chasseurs du futur général Vial troupes qui rayonnait depuis Madrid et Guadalajara jusqu’à Sigüenza et Mirabueno pour lutter contre la guérilla de Juan Mart ín Díaz , dit El Empecinado qu’il écrit « Limposinadas » (pp. 27-44). Il rejoignit enfin son régiment en Andalousie où sévissaient les partisans de Francisco López Ballesteros (« Bayastero »), et où il demeura jusqu’en 1812 : il fut cantonné à Antequera avec les troupes du 4e corps d’armée de Sebastiani (pp. 45-52), à Estepa (pp. 52-59), de nouveau à Antequera (p. 56-67), à Ronda (pp. 68-86), à Murcie (pp. 86-96), à Fuente Palmera (pp. 100-109). Les missions qu’il dut remplir lors de cette longue période consistaient essentiellement à escorter des courriers et convois français pour les protéger des actions de guérilla, vers Malaga (il raconte l’escarmouche qui marqua l’arrivée du général Sebastiani en avril 1811), vers Osuna, Murcie. La menace anglaise s’accentua et Pellerin participa à une expédition du maréchal Soult en Estrémadure (pp. 96-100), passa Llerena (où « l’on antandais le canon jour et nui ») et Villa Franca, mais s’arrêta avant d’arriver à Badajoz qui venait d’être pris par l’ennemi (avril 1812). Son corps intégra ensuite l’armée du roi Joseph , bientôt secondé par le maréchal Soult de retour en Espagne, qui luttaient pied à pied face à Wellington (pp. 109-127) et étaient refoulés en direction du Nord-Ouest (pp. 127-146). Pellerin décrit sa participation à la bataille de Vitoria le 21 juin 1813 : « Le 21 les Anglais nous ataque par dereire. Toute la cavallerie se porte an avans. Les fossais et le tèrin ne permi pas de se déployer. Nous nous retirons sous une butes sur laquelles ils y avais plus de 50 pièces de canon. Les Anglais imfanterie arive am masse et am bon ordre san crindre la mitraille ni les boulets & l’on comande à la cavallerie de se porter deréire les pièces. Tout à cou des caison se porte an areire, culbute dans un chemin creux , voilà les autres caisons et pièces qui an font autant , l’Imfanterie à côté ba an retraite , anfin voilà tout en retraite san ordre et le tout an désordre. Nous passon dans l’ambulance : «O, camarade, vous nous abandonné». Tout le monde criai après les généraux. Anfin nous arivons à la porte de Vilbao [nom d’une des portes de Vitoria] , elle étai muré , nous retournons à la porte de Madrid. Dans l’intervalle une ambuscade éclate dans nous , tous cieux alantour de moi son tuée ou blessé, et moi ni mon cheval, rien. Nous arivons à la porte , ils a fallu sabrer la cavallerie anglaise pour nous faire pasage pour entrer les premiers. Anfins ils voulais nous couper, et arivé an ville, des trénard et pilliars nous disai : «Chasseurs, du train des magasins, voilà des chemise, des souliés &a, l’on va vous an foutre, à vous du pillage !» O, dix minutes après ils étai prisonnier. Arivé de de l’autre cauté de la ville, voilà un parque d’artillerie, plus de 200 pièces de canon, tous les caison, bagages, chevaux de main, carosse. Et pourquoi touts cela n’ai pas fillé, la routé est coupée à Mondragón [au Nord-Est de Vitoria], ils y a 30000 Anglais. Donc nous voysi entre deux feux... Anfin les caison chargé d’or et d’arg[e]ant de se qui nous étai due se trouve au pillage. Les Anglais pillai d’un côté du caison et les Français de l’autre. Je veus m’an aproché pour faire de maime que les autres , le lieutenan Munétrier me dit : «N’y alais pas, la vie avan l’argen.» Je n’étai qu’à 20 mètres , anfin l’on se mai am bataille , toutes les fammes criai : «Français, chasseurs, ayez dont pitier de nous, o, ils y a assé longtant que vous nous faites manger du mauvais pain. Resté avec les Anglais, ils vons vous saignés à leurs modes». Anfin les Anglais arivés an masse tirre sur nous de nouvau. Le cheval de bataille du colonel Mr Houssin de St-Lorant est tué [le futur général Benjamin Auguste Léonor Houssin de Saint-Laurent] , ils y avais 18 ans qu’ils l’avais eue de 38 / Osenat / son père , un chasseur l’arette, lui donne son chevalle, dit : «Colonel, vous avez plus besoin que moi au régiman, prenai mon chevalle, moi je me tirerai comme je pourrai». Anfin, tous deux ont été sauvé, nous batons an retraite dans une gorge dans des clos, fossé, marcages, chacun pour son conte. Je voix une petite caise carée tombée, je mai pied à terre, je veue la prandre mé elles étai tropt pesante, le l’enfonce avec le fouraux de mon sabre, c’étai des éguilles de métiers de bas am plomb. Je remonte juste à tant. Les Anglais arivais, anfin voilà toutes l’armée française an déroute et par un bien bau tens, ils faisai un soleil bien clair. Anfin si les Anglais ne s’étai pas amusai à pillier les trésors des lâches de Français mal comandés, ils aurais touts taillais am pièces. Lessai piller des trésors et devoir 37 moi de solde à tout un armée, quels atrocité. Nous arivons la nui à Salvatiéra [Salvatierra, à l’Est de Vitoria, sur la route de Pampelune]... La batail de Victoria a été une pur perte pour la Frances, et un grand désonneur pour ceux qui comandais, touts les gros matériel et les bagages, trésor &c, devais être, ils y avais plusieurs jours, arivé an France, mé Vélincheton [Wellington], général en chef des ennemis, étai plus fain que le roy Joseph Napoléon... Anfin nous filons du simtière de Salvatiera, nous fons commes les autres, nous nous dirig[e]ons sur Pamplume. Les partisans espagnolles tiraillais constamant du haut des montagnes sur les colonnes française an crian : «Canail de Français, allai donc an France, &c, anda canailla de Francés, anda am Francia !»... » (pp. 139-144). Pays-Basque et bataille de Toulouse : l’autre campagne de France (juin 1813-avril 1814, pp. 146-215) Antoine Pellerin partage ensuite le sort de l’armée d’Espagne, passe par Pampelune et traverse les Pyrénées le 28 juin 1813, est cantonné au Pays basque en attendant la venue de Wellington. Il passe au service du général Nicolas-François Conrou x qui est blessé à mort à ses côtés à la bataille de Sare le 10 novembre 1813. Il participe à l’épique retraite du maréchal Soult sur Toulouse, participe à la bataille d’Orthez le 27 février 1814 (pp. 174-179), sert à des missions de renseignement (le récit d’une reconnaissance près de Tarbes est illustré d’un plan dessiné face à la page 190), et fut blessé lors des prodromes la bataille de Toulouse le 9 avril 1814 (pp. 200-208). Il dut alors être évacué sur Montpellier puis réformé. Assiégé à Rocroi durant la campagne de Waterloo (juin 1815, pp. 235-243) Il passa la Première Restauration chez lui en Lorraine (pp. 215-235), et apprit la nouvelle du retour de l’empereur avec satisfaction : « Anfain Napoléon débarque. Voilà touts les ansiens militaires contant. Touts les royalistes aurait eu chacun un grain de no[is]ette au dérière, ils an aurai sortie un litre d’huile... » Il ne débordait néanmoins pas d’enthousiasme quand il reçut l’ordre de rejoindre l’armée , il se rendit pourtant à Verdun puis à Rocroy où lui est ses camarades furent assiégés par les Alliés : ils résistèrent mollement et sortirent avec les honneurs de la guerre en défilant « comme des capons » (p. 241). Un émule du sergent Bourgogne Écrit à hauteur d’homme , comme un témoignage sans prétention historique, les mémoires d’Antoine Pellerin livrent un témoignage vivant sur les conditions de vie en garnison étrangère et en campagne, la vermine, les poux, les maladies et blessures, les « ribotes » mais aussi la famine (« ils falais mang[e]ais des glans de chêne ver », p. 116), avec quelques anecdotes à ce sujet : « Le marchal [Soult] qui étai sous un chaine ver à quatre mètres de moi mong[e]ai des glans et disai : «L’armée peut ancor vivre quelque jours avec ces glans, ils ne sont pas mauvais» » (pp. 122-123). S’il évoque l’entraide entre camarades, il ne cache pas les rivalités et duels, les vols, pillages, réquisitions militaires, les assassinats, même... Il souligne le caract ère particulier de la guérilla en Espagne , où l’on pouvait à tout instant recevoir « une fusillade à bout portant qui par[t] des broussailles... » (p. 65), où les escarmouches mortelles étaient plus nombreuses que les grands engagements. Antoine Pellerin se fait en outre l’écho du sentiment des soldats du rang , et livre par exemple son mépris pour Joseph Bonaparte « qui se connaissai à conduire une armée comme je me connai à conduire un vessau de ligne sur la mer » (p. 139). Il est évoque sans fard la lassitude des armées françaises et anglaises, décrit des cas d’insoumission, comme par exemple sur la montagne de la Rhune, où des troupes refusèrent de monter à l’assaut. Il cite l’indignation du général Conroux devant ces désobéissances, et qui, blessé à mort d’une balle dans le ventre à la bataille de Sare, lui dit : « O, ils faut mieux mourir au champ d’honneure que de commander de la canaille » (p. 158). Il décrit une scène étonnante lors d’une revue par le maréchal Soult à Peyrehorade en janvier 1814 : « [le maréchal] dit : «colonel, faites crier «Vive l’empereur» à vos chasseurs». «Vive l’empereur ! Vive double rasion ! Vive les ariérés ! Vive la paix !», et le tout devan le maréchal... » (pp. 172-173). Antoine Pellerin ne dissimule pas non plus les cas de fraternisation avec les soldats anglais auxquels il a participé (pp. 105, 114, 164-165, 170-171). Les mémoires d’Antoine Pellerin peuvent enfin se lire comme un journal de voyage , celui d’un homme du peuple qui, traversant des terres étrangères, voit la côte du Maroc depuis Gibraltar, se baigne en Méditerranée en octobre, parle de la beauté des femmes andalouses ou de la corrida (pp. 132-133)… Capitaine promu chef d’escadron en octobre 1812, Boniface de Castellane servit durant la campagne de Russie comme aide-de-camp du général Mouton (lui-même aide de camp de l’empereur), puis comme officier attaché au service du major général de la Grande Armée Louis- Alexandre Berthier, et enfin comme aide-de-camp du général Louis-Marie de Narbonne-Lara (lui-même aide de camp de Napoléon Ier). L’emploi de Castellane l’amena à être constamment employé au service de l’empereur, qu’il devait accompagner à cheval, pour qui il devait récolter des informations, dont il devait acheminer les messages... Au cours de cette campagne de Russie, il entretint une correspondance serrée avec sa famille, et ses lettres, d’une extraordinaire précision comme ici, représentent une source importante sur la campagne de Russie et qui complètent avantageusement son Journal : elles permettent de situer au plus juste, souvent à l’heure près, les déplacements de l’empereur, des maréchaux, généraux, et constituent une mine de renseignements sur la vie matérielle durant la campagne. De haute noblesse , Boniface de Castellane (1788-1862) était le fils d’Adélaïde-Louise-Guyonne de Rohan-Chabot et du marquis Boniface Louis André de Castellane-Novejean, député sous la Révolution puis préfet et maître des requêtes au Conseil d’État sous Napoléon Ier. Entré dans la carrière militaire à seize ans (1804), il débuta dans l’Infanterie avant de passer dans les Dragons (1806) et de servir en Italie. Devenu aide de camp du général Mouton, futur comte de Lobau et futur maréchal (il demeura auprès de lui jusqu’en 1812), il fit ses premières armes en Espagne, où il fut fait lieutenant et se distingua particulièrement à Medina del Rio-Seco et Burgos (1808), étant employé pour la première fois au service de Napoléon Ier. Durant la campagne d’Autriche, il participa aux batailles d’Eckmühl, Essling et Wagram (1809), ce qui lui valut d’être envoyé par l’empereur porter la nouvelle de la paix au roi Jérôme en Westphalie, au roi Louis en Hollande, et de se voir octroyer la Légion d’honneur. Bientôt fait capitaine, puis chef d’escadron, il serait colonel à la chute de l’Empire, et poursuivrait une belle carrière militaire sous les régimes successifs, général puis maréchal en 1852
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