SÉriIZIAT (Charles-Catherin). Lettre autographe...

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SÉriIZIAT (Charles-Catherin). Lettre autographe...

SÉriIZIAT (Charles-Catherin). Lettre autographe signée à un de ses frères. Castellaro de’ Giorgi [dans la boucle du Pô au Nord d’Alexandrie], 30 prairial an VIII [19 juin 1800]. 4 pp. in-4, en-tête imprimé « Seriziat, général de brigade » avec vignette sur bois. Superbe lettre sur la bataille de Marengo (25 prairial an VIII - 14 juin 1800). Général de l’armée de Réserve conduite en Italie par Napoléon Bonaparte, Charles-Catherin Sériziat participa à la prise du fort de Bard, et servit ensuite dans la division Chabran du corps commandé par le général Duhesme. Cette division se battit sans discontinuer, et, lors de la bataille de Marengo, fut chargée de garder le passage du Pô pour protéger le flanc Nord de l’armée. « Tu connais sans doute le résultat incroyable du 25 c[ouran ]t. L’ennemi entièrement batt u et presque détruit. Leur chef d’état-major prisonnier de guerre [le général Anton von Zach] et le général en chef Mr de Melas [Michael von Melas] obligé de s’enfermer dans Alexandrie d’où il a envoyé un parlementaire afin d’obtenir un armistice, lequel armistice ne lui a été accordé que sous les conditions d’évacuer au moment même Alexandrie, Tortone, Turin, Coni, Milan. En un mot toute les villes du Piémond et de l’Italie. Gênes même nous a été rendu. L’armée autrichienne se retire derrière le Minzio [le Mincio, affluent du Pô] et reste maîtresse de Mantoue et de Peschiera. C’est cette rivière qui va former la ligne des deux armée jusqu’au retour du courrier envoyé à Vienne p[ou]r faire de nouvelles propositions de paix. Si elles sont refusées nous pénétrerons dans les États de Venise, &c... Je suis ici à atte ndre des ordres dans un pays où les habitants ne nous aiment guères. Ce sont des Piémontais fanatisés par leurs prêtres, et qui ne sont contenus que par la peur qu’ils ont de nous. J’étais occupé à canoner Valence [Valenza], petite ville sur le Pô, lorsque l’armistice nous est parvenu. J’ai abandonné ma position et me suis porté deux lieues en arrière dans les terres afin d’être moins mal et de pouvoir faire cantonner ma troupe qui depuis plus de 15 jours était au bivouac. Nous avons perdu beaucoup de monde depuis le 20 jusqu’au 25 [prairial - 9-14 juin]. L’on s’est battu tous les jours... Le principal auteur du gain de la bataille, le brave général Desaix, a été tué sur le champ de bataille. L’armée avait plié et reculait depuis plus de deux heures, lorsqu’il est arrivé avec la réserve qu’il commandait, forte de 12 à 14 mille hommes. Il a tout renversé, rétabli le combat, et au moment où l’avantage nous restait définitivement, il a été atteint d’une balle qui a jetté la consternation dans toute l’armée en le renversant mort. Plusieurs officiers gén[éraux] ont été blessés, plusieurs chefs de corps tués, mais nous restons maîtres du Piémond, de l’Italie et des États de Gênes. Cette campagne a été décidée en 15 jours. Voilà le résultat du génie d’un seul homme et de sa constante bonne fortune. Il a chargé lui-même à la tête de sa Garde à cheval malgré les représentations qu’on a pu lui faire [c’est en fait le futur maréchal Bessières qui s’est illustré à la tête de la Garde à cheval des Consuls]. Cette Garde a renversé trois escadrons et n’a perdu qu’un seul homme. Il n’en a pas été de même de la Garde à pied qui a beaucoup souffert et a fait des prodiges de valeur... » Officier d’Ancien Régime à la vie aventureuse , le général Sériziat (1756-1802) s’était engagé en 1775, avait servi comme corsaire lors de la guerre d’Indépendance des États-Unis (1779-1780) puis avait voyagé (1782-1786). Sous la Révolution, il prit du grade et fut nommé général en 1793, participa à la seconde campagne de Bonaparte en Italie, puis à l’expédition du général Leclerc aux Antilles où il mourut.
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