NGUYEN GIA TRI (1908-1993) Scène de village...

Lot 91
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NGUYEN GIA TRI (1908-1993) Scène de village...

NGUYEN GIA TRI (1908-1993) Scène de village Paravent à six feuilles en bois laqué polychrome Non signé Dim. totale par panneau : H. 99,8 x L. 32,7 à 32,9 cm H. scène : 94,7 cm Expert : Cabinet Ansas Papillon Provenance : Alexandre BERTHIER (1901-1981), descendant du général et comte d’Empire, Louis-César Berthier (1765- 1819), en Indochine entre 1926 et 1946, en tant qu’administrateur de plantations d’hévéas , demeuré depuis dans la famille. La scène qui se déroule sur les six panneaux du paravent pourrait être décrite en une phrase comme « scène de village au Vietnam, sur fond de végétation luxuriante ». Elle utilise la palette et les techniques caractéristiques de Gia Tri, avec ses laques or, jaune ocre, prune, rouge et dégradés de bruns, traitées par endroit en relief et illuminées des touches blanches apportées par les incrustations de coquilles d’œuf. La structure de la scène, qui s’organise selon trois plans horizontaux successifs, semble également être récurrente chez l’artiste. Au premier plan, deux groupes de personnages alternent avec un cerisier en fleurs et un bananier : à gauche, un couple est assis au sol , derrière lui, deux buffles, l’un couché, l’autre mangeant des feuilles dans un buisson. Vers la droite, le second groupe se compose d’un cavalier retenant son cheval, sans doute un peu effrayé par deux chiens qui aboient. Il interpelle deux femmes, l’une tournée vers lui, l’autre penchée, pour poser ou soulever un chargement auprès duquel se tiennent deux enfants. C’est au niveau de ce premier plan qu’il est fait usage de la coquille d’œuf, afin d’attirer le regard vers des points précis : les femmes, avec leur foulard et leur veste, le cheval, les fleurs du cerisier dont certaines sont tombées au sol, près du couple. Au second plan apparaissent, parmi les arbres, un champ et les toits de deux chaumières. Le regard est ensuite entrainé au loin, vers un troisième plan où s’élèvent de hautes montagnes baignées d’or. Une bande laquée rouge relie les panneaux en partie inférieure, chaque panneau reposant sur deux petits pieds. Bien que non signé, il ne fait aucun doute que ce paravent soit de Gia Tri. D’une part, il en présente toutes les caractéristiques techniques et thématiques. D’autre part, Il est très similaire, à quelques détails près, à un paravent vendu par SOTHEBY’S à Hong Kong, le 1er oct. 2017, lot no. 298, paravent signé et daté d’avril 1940, (vendu 5 140 000 HKD - ca. 550 000 €, frais de vente inclus). Il est intéressant de noter qu’il ne s’agit pas de la première occurrence chez Gia Tri, de deux paravents quasiment identiques. En effet, le 30 juin dernier, a été vendu par Maître Pillon, Salle des Ventes du Château, à Versailles, (pour 475 000 € frais inclus), un paravent de Gia Tri, signé et daté de 1938, très proche d’un paravent, lui-même daté de 1939, vendu par SOTHEBY’S à Hong Kong, le 30 sept. 2018, lot no. 1043. Tous deux avaient été acquis directement par de hauts fonctionnaires en poste en Indochine à l’époque (cf. notice du catalogue de la vente du 30 juin 2019 à Versailles, lot 131) et étaient restés dans la descendance des familles. Aucun doute ne pouvait être émis concernant l’authenticité du paravent vendu à Versailles, du fait, aussi bien du style et de la technique de l’œuvre que de sa provenance. Or, il en est de même pour celui que nous vendons. Non seulement, il s’insère parfaitement dans l’œuvre de GIA TRI, mais il a été acquis à l’époque par un Français, Alexandre BERTHIER, administrateur de plantations d’hévéas, et donc en contact avec les fonctionnaires de l’administration coloniale de l’Indochine dont nous savons qu’un certain nombre avait acquis une œuvre de Gia Tri. NGUYEN GIA TRI fait partie de ces artistes vietnamiens qui suivirent dès la fin des années 1920, des cours à l’École Supérieure des Beaux-Arts de l’Indochine, fondée en 1925 à Hanoï, dans la lignée de l’École des Beaux-Arts à Paris. Cette école joua un très grand rôle dans la mesure où elle favorisa l’émergence d’un courant artistique unique issu de la tradition académique française et de celle, à la fois artistique et artisanale, vietnamienne. Nombre d’artistes français y enseignèrent, la plupart formé dans les Écoles des Beaux-Arts ou des Arts Décoratifs en France, tels le peintre Victor Tardieu (1870-1937), son premier directeur, le sculpteur Evariste Jonchère (1892-1956), son deuxième directeur, les peintres Joseph Inguimberty (1896-1971) et Alix Aymée (1894-1989), tous deux ayant enseigné la technique de la laque. Des artistes tels que NGUYÊN GIA TRI, Nguyên Sang, Trân Van Cân, Le Quoc Noc, Nguyên Phan Chanh, et d’autres, tous issus de l’École des Beaux-Arts de Hanoi, portèrent ce medium à son apogée. Dans cette mouvance, GIA TRI fut lui-même certainement un des plus grands artistes laqueurs de son époque. Il sublima cette technique dans toute une série d’œuvres sur panneau, créées entre 1937 et 1945, et pour lesquelles il s’entoura, dans son atelier, d’une équipe d’artisans laqueurs. Très proche d’œuvres datées de 1938 à 1940 (cf. les exemples précédemment cités), notre paravent s’inscrit sans aucun doute dans la série des œuvres produites entre 1937 et 1945, période unanimement considérée comme celle de l’apogée de sa carrière de laqueur, son « âge d’or ». La plupart des paravents de cette période sont d’un format similaire : six panneaux d’environ 97 cm à 1 m de hauteur totale pour une largeur de 33 cm, chaque panneau terminé par deux pieds. Il en est ainsi de notre paravent. GIA TRI avait un grand respect de la matière qu’il travaillait. L’artiste se mettait au service de celle-ci afin qu’elle lui permette de s’exprimer pleinement. Pour GIA TRI, avoir une peinture ou un objet en laque poncée, c’était avoir une œuvre précieuse. (cf. Entretien avec Nguyen Xuan Viet en septembre 1979). A propos d’Alexandre BERTHIER Alexandre BERTHIER est le descendant de Louis-César Berthier (1765-1819), général et comte d’Empire, frère de LouisAlexandre Berthier, prince de Wagram, maréchal d’Empire, proche de l’empereur Napoléon Ier. Il a vécu en Indochine entre 1926 et 1946. L’actuelle propriétaire du paravent est sa petite-fille, dont le père naquit là-bas. Alexandre Berthier fut envoyé en Indochine dans le contexte de l’exploitation des plantations d’hévéas en vue de la production de caoutchouc. Celle-ci, amorcée à la fin du XIXe siècle, prit progressivement son essor dès le début du XXe siècle, favorisée par la multiplication des petites plantations, telles Suzannah, Ben-Cui, An-Lôc, Cam-Tiêm, et d’autres. Des photos de 1926 et 1928 nous montrent Alexandre Berthier sur la plantation de Ben Cui, où se trouvait également sa maison. D’autres photos, prises de 1934 à 1941, montrent sa maison à An Lôc. La plupart des petites plantations fusionnèrent en 1937, pour devenir la SIPH (Société Indochinoise de Plantations d’Hévéas) pour laquelle travailla ensuite Alexandre Berthier. 48 / Osenat / ________________ NGUYEN GIA TRI (1908-1993) Provincial village Six panels lacquer screen Unsigned Total Dim. per panel : 99,8 x 32,7 to 33 cm. H. scene : 94,7 cm Provenance : Alexandre BERTHIER (1901-1981), descendant of Louis-Cesar BERTHIER (1765-1819), count and general of the first French empire , in Indochina between 1926 and 1946 as administrator of rubber trees plantations, thence by descent. The scene depicted on this screen can be described as a « Village scene in Vietnam amid lush vegetation », which could easily be applied to quite a few of GIA TRI’s lacquer work. This screen, although unsigned, is typical of the artist’s « golden age » production, between 1937 and 1945. The composition, organized on three horizontal levels , the color palette with its gold, yellow ochre, plum, red, shading of browns, lit with the eggshell inlays, the lush depiction of the vietnamese countryside , all this is typical of GIA TRI’s style. Furhermore, our screen is almost identical, but for some details, to a screen sold by Sotheby’s in Hong Kong, Oct. 1rst., 2017, lot no. 298, signed and dated april 1940, (sold for 5 140 000 HKD, premium included). Both screen show the same groups of people on the foreground : on the left, a couple sitting on the ground near water buffalos (two on our screen, one on Sotheby’s) , to the right, a rider holding his horse, dogs barking to it, the man calling out to two women. Between these groups, a cherry tree with eggshell white flowers, some on the ground near the couple (on our screen). Also, it is not the first time we are faced with two almost identical screens in GIA TRI’s lacquer work. On June 30th, 2019, was sold in Versailles, France, by Eric Pillon, auctioneer, a screen, signed and dated 1938, which is almost the same as one, dated 1939, sold by Sotheby’s in Hong Kong, on Sept. 30th, 2018, lot no. 1043. Both had been directly acquired by French senior officials in office in Indochina at the time. It is the same with our screen. Not only does it fit perfectly into GIA TRI’s lacquer work, but it has been purchased at the time by a Frenchman, Alexandre BERTHIER, administrator of rubber trees plantations, in close touch with the officials of the French colonial administration among which Gia Tri was quite popular. The artist received quite a few private commissions, such as such as the one decorating the salon of the French Governor of Indochina Palace in Hanoi. It musn’t therefore be too suprising to find, in GIA TRI’s lacquer work, almost identical works, considering that success came early for him. The demand for panels and screens must have been quite high at the time, which is confirmed by the number of screens to be found in the West nowadays, most of them purchased during Gia Tri’s time. About Alexandre Berthier Alexandre BERTHIER (1901-1981) was a descendant of Louis-Cesar BERTHIER (1765-1819), count and general of the first French empire, brother to Louis-Alexandre Berthier (1753-1815), prince of Wagram and one of Napoleon 1rst’s close marshall. He lived in Indochina between 1926 and 1946 as administrator of rubber trees plantations and is the present owner’s grandfather, whose father was born there. Rubber trees plantations slowly started at the end of the 19th Century to rise at the beginning of the 20th Century thanks to the development of several small plantations such as Suzannah, Ben-Cui, An-Lôc, Cam-Tiêm among others. Pictures taken in 1926 and 1928 show Alexandre Berthier on the Ben-Cui plantation wher he also lived. Pictures between 1934 and 1941 show his house in An-Lôc. Several of the small plantations merged in 1937 to create de SIPH, the biggest rubber company in Indochina, for which also worked Alexandre Berthier.
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