Mobilier de salon Comprenant une paire de...

Lot 222
30 000 - 50 000 €

Mobilier de salon Comprenant une paire de...

Mobilier de salon Comprenant une paire de canapés corbeille, une suite de dix fauteuils à dossier plat et une suite de huit chaises, en bois naturel mouluré et sculpté de fleurettes, de cartouches et de feuilles d’acanthe. Les accotoirs galbés, les ceintures sinueuses. Il repose sur des pieds cambrés. Il est garni en tapisserie d’Aubusson à décor polychrome, sur fond crème et contre fond framboise, orné d’un monogramme CB (pour Crillon-Borgo) et de guirlandes de fleurs, par Braquenié Frères. Style Louis XV - Epoque Napoléon III (Restaurations, accidents, un pied à refixer) On y joint un écran de cheminée style Louis XVI (accidenté) garni d’une feuille en tapisserie d’Aubusson identique. Canapé H : 111,5 - L : 218 - P : 55,5 cm Fauteuil H : 99,5 - L : 73 - P : 48 cm Chaise H : 93,5 - L : 54 - P : 43 cm Provenance : Collection Pozzo di Borgo Ce mobilier a été exécuté pour Charles-Jérôme comte puis 1er duc Pozzo di Borgo (1791-1879), colonel de cavalerie marié en 1832 à Victurnienne- Louise-Valentine Crillon (1813-1890), fille du dernier duc de Crillon et dont le chiffre formé de fleurs et de feuillage sous une couronne ducale est brodé sur la garniture des sièges. Il est alors destiné au château de Montretout à Saint Cloud, acquis par le duc en 1841. Ce château subit les vicissitudes de 1870-1871. Il est remis en état. Le neveu et successeur du premier duc, Charles-André-Félix Pozzo di Borgo, acquiert le château de Montretout et le fait déplacer vers son domaine de Haute-Normandie à Dangu acheté en 1884. L’architecte Dauvergne remonte et modifie la construction d’origine, désormais appelée «Nouveau Château», rehaussant le comble et ajoutant un étage aux ailes. Le paysagiste Achille Duchêne modifie le parc en créant des alignements en rapport avec la nouvelle construction. Le mobilier est transféré à Dangu où il reste dans le salon, à l’extrémité droite du château et ce jusqu’au XXIe siècle. Il est vraisemblable qu’il était doré à l’origine1, peu d’ensemble comprenant autant de sièges subsiste encore aujourd’hui, et ce grâce au fait qu’il n’ait pas bougé depuis le XIXe siècle. La sculpture, notamment des canapés témoigne du goût et du respect des formes Louis XV réapparus sous le règne de Louis-Philippe. L’attribution à Braquenié pour la garniture se justifie par l’existence de deux projets aquarellés2 représentant une garniture de canapé Louis XV avec au centre du dossier, les armes Pozzo di Borgo et Crillon, la couronne ducale, la devise des Pozzo virtute et consilio et un cartouche avec le chiffre PC de chaque côté. Un des projets dont l’exécution est commandé en juin 1856, comporte des fleurs sur le dossier et le siège entre les armes et le chiffre, entourés d’un ruban bleu et de fleurs entremêlées, comparable à la tapisserie garnissant ce mobilier. La manufacture de tapis et tapisseries Braquenié correspond à l’association du marchand de tapis Demy-Doineau établi 16 rue Vivienne et 10 rue de Buci à Paris3 avec Alexandre Braquenié dont la raison sociale en 1852 devient Braquenié et Cie, puis en 1857 Braquenié Frères. En 1858 Henri Braquenié se marie avec Marie-Esther Demy-Doineau. L’entreprise participe aux Expositions Universelles de 1851 à Londres, 1855 à Paris4 où elle est récompensée d’une médaille d’or. En 1862, elle participe au décor de l’hôtel de la Commission Impériale Française et reçoit une médaille. Établie sous le second Empire rue Vivienne et à Aubusson, les Braquenié créent à Ingelmunster un atelier qui fonctionne de 1855 à 1869. En 18675, ils obtiennent une médaille d’or à Aubusson et d’argent à Ingelmunster. La manufacture d’Ingelmunster ferme et en 1870, ils en installent une autre à Malines, où plusieurs liciers d’Ingelmunster viennent s’établir et reproduisent des modèles réalisés par des artistes tels Pierre-Victor Galland et Alexis-Joseph Mazerolle qui collaboreront ensuite avec les Gobelins. Les archives de la maison Braquenié conservent des projets précisant le nom des commanditaires et permet une traçabilité facile dans l’exemple qui nous concerne. Braquenié reçoit notamment des commandes du Garde-Meuble impérial, du sultan d’Istanbul Abdülmecid Ier, du prince Soltykoff, de la princesse Bacciochi…
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