FLAUBERT (Gustave). Lettre autographe signée...

Lot 91
400 - 500 €

FLAUBERT (Gustave). Lettre autographe signée...

FLAUBERT (Gustave). Lettre autographe signée à Philippe Leparfait. « Lundi 4 h. » [9 août 1869]. 3 pp. in-8. Poète et dramaturge, Louis Bouilhet (1821-1869) fut un des plus proches ami s de Flaubert qui l'appelait « ma conscience littéraire », et qui oeuvra ensuite à servir sa mémoire posthume : Flaubert se chargea de faire jouer la pièce de Louis Bouilhet Mademoiselle Aïssé, dont la première représentation aurait lieu à l'Odéon le 6 janvier 1872, de faire paraître à ses frais ses oeuvres posthumes chez Michel Lévy, Dernières chansons (1872), ses oeuvres complètes (1880), et de faire ériger à Rouen, sur souscription, un monument commémoratif. « Mon cher enfant, j'ai enfin, hier au soir, mis la main sur les directeurs de l'Odéon. Ils m'ont paru fort désappointés lorsque je leur ai fait voir le second acte – ils se figuraient, les imbécilles que notre pauvre Bouilhet avait pu terminer les corrections convenues & refaire un acte entier du 12 juin, pour sa dernière lecture au 18 juillet jour de sa mort. Lorsque je vais être installé dans mon nouveau logement, il faudra que tu viennes ici p[our] que nous rétablissions cet acte, d'après ses notes & ses ratures. ce ne sera pas chose facile. J'aurais absolument besoin de toi p[our] amener à bien cette besogne. S'ils ne veulent pas jouer Aïssé ou qu'on me donne des auteurs insuffisants, ce qui est très possible, nous la publierons en volume ou dans un journal. Quant au volume de vers, Lévy qui prétend ne pas gagner d'argent avec les vers, imprimera le volume p[our] rien – mais c'est tout. Je ne vois pas d'autre chose à faire. Bref , le succ ès maté riel des œuvres post humes de not re pa uvre vieux me pa raît très problémati que. Tu sais que les absents ont to rt & que les morts sont vite oubliés . Que devient la souscription ? Celle qui est ouverte à Paris ne marche pas roide... En as-tu fini avec mes demoiselles Bouilhet ? Si elles t'embête nt, envoie -les fai re foutre ca rrément. Ce sont des misérables à ne pas ménager. Quand je pe nse à l'homme de génie, à l'homme excelle nt, au cœ ur d'or qu'elles ont fait souffrir, la col ère m'éto uffe et je voudrais pouvoir les injurier en face. – Ce que je ne manquerai pas de faire quand j'écrirai sa biographie, laquelle sera insérée dans le Moniteur de Dalloz... Adieu mon bon Philippe, je te baise sur les deux joues... » Élevé par Louis Bouilhet, Philippe Leparfait (1845-1909) était l'enfant naturel du marquis Philippe de Chennevières, écrivain et directeur des Beaux-Arts, et de Léonie Leparfait, compagne de Louis Bouilhet. « J'ai reçu les exemplai res de Salammbô ... »
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