FLAUBERT (Gustave). Manuscrit autographe...

Lot 90
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FLAUBERT (Gustave). Manuscrit autographe...

FLAUBERT (Gustave). Manuscrit autographe intitulé « Guerres puniques ». [vers 1845-1846]. 22 pp. in-folio, ratures et corrections. Préci euses notes préparatoires à Salammb ô. Très détaillées, elles concernent l'histoire des guerres puniques, et ont été ont été prises à la lecture de la meilleure synthèse de l'époque sur le sujet, l'ouvrage de Victor Duruy : Histoire des romains et des peuples soumis à leur domination (Hachette, 1843-1844). A côté d'énoncés elliptiques, on trouve fréquemment des phrases entièrement rédigées, organisées en récit suivi. L'ensemble se divise en trois grandes sections : « Première guerre punique » (p. 1), « Conquêtes de Rome et de Carthage entre la 1ère et la 2e guerre punique » (p. 5) et « Seconde guerre punique » (p. 11). Un manuscrit inédi t, qui date probablement des années 1845-1846, peu de temps après la publication du livre de Duruy. Par son sujet, on serait d'abord tenté de le dater de l'année 1857, alors que Flaubert commence ses lectures préparatoires pour Salammbô, mais la graphie appartient à une époque antérieure qui se situe vers 1845 (selon Yvan Leclerc). L'ouvrage de Duruy n'est pas mentionné dans la Correspondance, néanmoins on sait que Flaubert "repasse [son] histoire" en janvier 1845 (lettre à Emmanuel Vasse de Saint- Ouen) et qu'il relit en mai 1846 l'Histoire romaine de Michelet (lettre à Maxime Du Camp). Les notes couvrent les deux guerres puniques, c'est-à-dire qu'elles excèdent de beaucoup la période qui concerne directement le récit de Salammbô. Il est donc probable que Flaubert ait pris ces notes générales en dehors d'une intention d'utilisation immédiate. Mais il les a relues et annexées à la documentation de son roman carthaginois. Deux passages sont particulièrement révélateurs de la genèse de Salammbô La description de Carthage (« Sur Carthage et son commerce », p. 1) : « ... Les tours de Carthage s'élevaient à quatre étages, la triple encinte montait à vingt coudées. Les loges pratiquées dans l'épaisseur des murs pouvaient abriter 300 éléphants de guerre, 4000 chevaux et 24000 soldats avec les approvisionnements et les armes. Des lames d'or couvraient son temple du soleil dont la statue en or pesait dit-on mille talents... » ET l'épisode servant de trame historiq ue au roman (« Carthage. Guerre des mercenaires 241-238 » pp. 7-8) : « La guerre finie en Sicile avec les Romains, les mercenaires qu'on ne payait plus qu'avec des promesses, réclamèrent. Le gouverneur de Lilybée Gescon les renvoya à Carthage. Arrivés, la République se disait trop pauvre. Craignant le pillage, le Sénat les envoya avec leurs chefs à Sicca en donnant à chaque soldat une pièce d'or p[ou]r les besoins les plus pressants. Les Carthaginois leurs renvoyèr[ent] même leurs femmes et leurs enfants dans la crainte qu'ils ne fussent tentés de revenir. Hannon leur est député à Sicca. Il leur demande la remise d'une partie de ce qu'on devait. Ils marchent vers Carthage au nombre de 20 000 h[ommes] et campent à Tunis. Terreur de Carthage — vivres — leurs prétentions augmentent. Ils demandent le prix de leurs chevaux tués pendant la guerre. Députation de Gescon. Un esclave fugitif de Rome, le Campanien Spendius, et l'Africain Mathos empêchent tout accommodement. On prend l'argent apporté par Gescon et le chargent de fers. Isolement de Carthage au milieu de ses villes ennemies. Utique et Hippone Zaryte massacrèrent les soldats qu'y tenait Carthage et les laissèrent sans sépulture. On en fit autant en Sardaigne et en Corse. Hannon qu'on y envoya fut saisi par ses troupes qui le mirent en croix. Un parti des naturels de l'île y appela les Romains qui prirent à Carthage ses deux îles et la menacèrent en outre de la guerre si elle n'ajoutait au tribut stipulé 1 200 talents euboïques. Amilcar est nommé général. Il s'allie les Numides. Les mercenaires alors manquèrent de vivres. Supplice de Gescon et des siens au nombre de 700. On les mena hors du camp, on leurs coupa les mains et les oreilles, on leur cassa les jambes et on les jeta encore tout vivants dans une fosse. Quant Amilcar vint redemander les cadavres, les barbares déclarèrent que tout député serait traité de même et proclamèrent comme loi "que tout prisonnier Carthaginois périrait dans les supplices, que tout allié de Carthage serait renvoyé les mains coupées". Représailles d'Amilcar qui fit jeter tous les prisonniers aux bêtes. Carthage reçut des secours d'Hiéron et même de Rome qui craignait les mercenaires. Amilcar renferme les mercenaires dans le défilé de la Hache où ils sont contraints de se manger les uns les autres. Extermination de 40000. L'autre armée fut exterminée dans une seconde bataille et son chef Mathos livré à la populace de Carthage. Cette guerre qui fit horreur à tout le monde fut appelée guerre inexpiable... »
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