BAUDELAIRE (Charles). Ensemble de 15 lettres...

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BAUDELAIRE (Charles). Ensemble de 15 lettres...

BAUDELAIRE (Charles). Ensemble de 15 lettres à Eugène Crépet : soit : 13 lettres autographes signées (une au crayon), une lettre autographe, et un reçu autographe signé. 1859-1862. Collaboration de Baudelaire à l'anthologie des Poètes français, futur chapitre de son recueil sur L'Art romanti que. Quand Eugène Crépet décida de publier un panorama général de la poésie française, il conçut son projet comme un choix de textes significatifs accompagnés de notices introductives. Pour celles-ci, il s'adjoignit la collaboration de savants comme comme Anatole de Montaiglon, mais surtout d'écrivains comme Sainte-Beuve (qui donna la préface générale), Charles Asselineau, Théodore de Banville, Jules Barbey d'Aurevilly, Théophile Gautier (qui rédigea la notice sur Charles Baudelaire accompagnée d'un choix de sept poèmes des Fleurs du mal) ou Jules Janin. L'ouvrage, intitulé Les Poètes français : recueil des chefs-d'oeuvre de la poésie française depuis les origines jusqu'à nos jours, fut imprimé chez Jules Claye en quatre volumes, les trois premiers publiés chez Casimir Gide en 1861 et le dernier chez Hachette vers le 2 août 1862. Charles Baudelaire fut chargé de dix notices pour le volume concernant la période contemporaine, consacrées à Théodore de Banville, Auguste Barbier, Marcelline Desbordes-Valmore, Pierre Dupont, Théophile Gautier, Victor Hugo, Leconte de Lisle, Gustave Le Vavasseur, Hégésippe Moreau, Petrus Borel. Sept de ces notices parurent effectivement dans Les Poètes français, mais trois furent refusées : Eugène Crépet remplaça celle sur Auguste Barbier par un texte de Léon de Wailly, celle sur Hégésippe Moreau par un texte de Théodore de Banville, et supprima purement et simplement celle sur Petrus Borel. Charles Baudelaire republierait neuf de ses dix notices (celle sur Moreau exceptée) en juin-août 1861 dans la Revue fantaisiste de Catulle Mendès, et les intégrerait ensuite toutes dans la section Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains de son recueil L'Art romantique, qui ne paraîtrait qu'après sa mort, en 1869. Eugène Crépet, une des « vieilles canailles » du carnet de Baudelaire. Si le poète le rangea dans cette catégorie (aux côtés de Louis Hachette), c'est que leurs relations furent tendues lors de sa collaboration à l'anthologie des Poètes français. Eugène Crépet, d'une part, conduit par son puritanisme et ses convictions républicaines, exigea diverses modifications dans les textes de Baudelaire et refusa même trois notices. De son côté, Baudelaire se montra pressant dans ses demandes d'avances financières. Cela en arriva à tel point qu'Eugène Crépet refusa de lui envoyer l'ouvrage auquel il avait collaboré tant qu'il ne se serait pas vu rendre les volumes de poésies de Hugo qu'il lui avait prêtés. Il demeura néanmoins sans rancune et publia en 1887 un volume des OEuvres posthumes et correspondances inédites de Baudelaire, auxquelles il joignit une étude qui fait de lui le premi er bi ographe sérieux du poète. « Il me paraît inutile de faire composer... puisque dans chacune de ces notices il y a des choses choquantes pour vous... » – Lettre autographe signée « Ch. Baudelaire ». Paris, 4 août 1859. « J'ai fi ni vos sept notices , to utes co nçues dans le st yle et suiva nt la mét hode demandés . Je m'étais, comme vous savez, promis de vous attendre , mais j'apprends que vous serez encore absent pendant une huitaine de jours. Je vous demande donc la permission de m'adresser à M. Gide pour lui en réclamer le prix. L'ensemble fait, aussi bien que j'ai pu compter, un peu plus d'une feuille. Soyez assez bon pour m'envoyer un mot qui me permettra de me présenter chez lui. J'aurais atte ndu vot re reto ur, si je n'étais pas poursuivi pour une somme dont ce manuscrit rep rése nte la moitié . Il y a donc là pour moi un repos momentané. Je laisserai le manuscrit à M. Gide, et à votre retour, nous le reprendrons pour le lire ensemble. Nous avons, il est vrai, déjà causé de tout cela. Veuillez ne voir dans ma lettre qu'un signe de déférence pour vous. Que vous seriez aimable, si je recevais votre réponse après demain 6 ! – Chose possible... » (1 p. in-8, adresse au dos, 2 déchirures au feuillet d'adresse dues à l'ouverture sans manque de texte). Eugène Crépet accéda à la demande Baudelaire qui put recevoir rapidement la somme qui lui revenait. – Lettre autographe signée « Ch. Baudelaire ». [Paris, vers le 25 août 1859]. « Ceci a déjà été lu et retouché deux fois. je me propose d'y retoucher encore un peu... C'est po ur cela que je réclame vot re promesse , de fai re compose r ces notices en placa rds. Alo rs, selo n mon habit ude, j'y verrai to ut à fait clai r. Et je quitterai Paris plus tranquille. 3 épreuves de chacune... Ne soyez pas inquiet , je ne ferai pas des remaniements énormes . Quand vous en serez à la littérature anglaise, je ferai en sorte de vous rembourser vos 260 fr., pas par de la critique mais par de la traduction pure. Les morceaux à choisir pour Barbier et Moreau ne sont pas indiqués. Pense z à la Tentation de Barbier, morceau non réimprimé [ce poème était cher à Baudelaire qui s'en est souvenu maintes fois]. » (2 pp. in-12, adresse au dos, déchirure au feuillet d'adresse due à l'ouverture sans manque de texte , trace d'onglet et petite restauration à la pliure). – Lettre autographe signée « Ch. Baudelaire ». Paris, 31 octobre [1859]. « J'irai [à] 4 heures et demie au pl us ta rd chez M. Gide avec le Moreau et le Dupont prêts, sauf deux pages, depuis si longtemps. Je vous ai fortement négligé parce que je viens de traverser une phase terrible. Je ne quitte rai pas Paris, sans avoi r remanié de nouveau to utes mes notices sur un manuscrit très propre et très net. J'aurai ce mois-ci un peu de temps à moi. Puis-je encore compter sur l'offre gracieuse que vous m'avez faite relativement aux tragédies ou à une tragédie [Baudelaire envisageait de proposer une nouvelle traduction de Bertram, or the Castle of St-Aldebrand de l'Irlandais Charles Robert Maturin], ce qui en même temps me permettrait de vous rembourser ce que je suis honteux de vous devoir depuis trois mois ?... » (1 p. 1/4 in-8, adresse au dos, deux petites déchirures dues à l'ouverture, l'une anciennement restaurée avec infime atteinte au texte mais sans manque). – Lettre autographe signée de ses initiales. S.l., [1859 ou 1860]. « J'ai fait, comme vous savez, quelques efforts pour trouver la Barcarolle de P. Dupont. Tâchez donc d'en faire autant, et de mieux réussir que moi. C'est la dernière notice à livrer, et j'ai hâte d'en finir... » (1 p. in- 8, au crayon, adresse au dos, petite déchirure au feuillet d'adresse due à l'ouverture sans atteinte au texte). – Lettre autographe signée de ses initiales. [Paris, 13 mai 1860]. « Nous voici à dimanche et je n'ai pas encore reçu votre réponse à ma dernière lettre. Je co nti nue à travaille r, et je crois que j'aurai fini ce soir. Cependant, si comme je vous l'ai dit, je n'avais pas tout à fait fini demain matin, au lieu d'aller chez vous à 11 heures, je vous attendrais chez moi à 5 heures du soir... » (1 p. in-12, adresse au dos, feuillet d'adresse avec trace d'onglet et petit manque angulaire du à l'ouverture sans atteinte au texte). – Lettre autographe. [Paris, vers les 15-20 mai 1860]. « Je suis malade depuis hier et je ne peux pas bouger. Je veux vous porter cette notice moi-même. Il est évident que je n'irai pas m'établir là-bas [à Honfleur] sans vous le dire. J'ai écrit à Hugo. Je vous l'ai déjà dit , mais par voie de Londres, et si vous aviez réfléchi que les départs de bateaux n'ont lieu qu'une ou deux fois par semaine de Guernesey, et qu'Hugo n'écrit que le dim[anche], vous ne m'n demandriez pas déjà la réponse [Hugo ne répondrait que le 19 juillet]... » (1 p. in-16 d'une écriture un peu altérée par la maladie, trace d'onglet au verso). – Pièce autographe signée « Ch. Baudelaire ». S.l., 21 mai 1860. « Reçu de M. Crépet la somme de quatre-vingt-dix francs, sur le compte de mes notices litté raires ou de mes traductio ns de poètes anglais ... » (1 p. in-12 oblong, traces de 2 onglets au verso). – Lettre autographe signée de ses initiales. [Paris, avant octobre 1860]. « Je me presserai parce que j'ai besoin de me presser. J'irai aujourd'hui à 4 h. chez M. Gide. Je viens à l'instant même d'oublier l'adresse de Leconte de Lisle [Eugène Crépet avait à négocier avec Leconte de Lisle les droits de reproduction de ses poèmes reproduits après la notice de Baudelaire]. Mais à coup sûr, vous trouverez cela chez M. Pincebourde, à la librairie Malassis [le futur éditeur René Pincebourde, alors premier commis d'Auguste Poulet-Malassis], rue des beaux-Arts, 9... » (1 p. sur un bi-feuillet in-16, fente anciennement restaurée et trace d'onglet au second feuillet, blanc). – Lettre autographe signée « Ch. Baudelaire ». [Paris], 8 novembre 1860. Concernant le bohème Ferdinand Fouque, toujours dans la misère, qui cherche à être employé par une revue ou un éditeur : « M. Ferdinand Fouques [sic] est venu me voir, il y a trois ou quatre jours, pour me demander s'il pouvait travailler pour vous. J'étais très affairé ce jour-là, et je suis désolé de ne pas l'avoir accompagné chez vous... Un dernier mot : je co nsidère Fouques comme un esp rit remarquable, érudit , poéti que. Je crains (malgré ce que je pense de votre pénétration) que vous ne l'ayez pas reçu avec tous les égards qui lui sont dus. Je travaille pour vous. Si demain vous n'avez pas reçu de mes nouvelles par un commissionnaire, envoyez-moi après-demain votre valet de chambre avec toutes les bonnes feuilles que je vous demande , toutes... Et il vo us rappo rte ra tout Hugo... » (2 pp. 1/4 in-8, trace d'onglet au verso). – Lettre autographe signée de ses initiales. Paris, 17 janvier 1861. « Vous me demandez si vo us deve z sérieusement compte r sur moi ? – Oui. – D'abo rd je vo us dois cette notice , ensuite je tiens à la voi r signée de moi. – Vous me dites que j'ai déjà affirmé qu'elle était finie. – Oui, et j'en suis mécontent [il s'agit très probablement de la notice sur Victor Hugo]. Si une roue m'était passée sur le ventre ou sur la tête, malgré que vous attendiez depuis longtemps, vous me feriez encore crédit. Eh bien, supportez (au moral) quelque chose de pire. – Je rentre dans la vie depuis 4 jours, je suis à Paris depuis 5, et je me trouve en face de sept morceaux arriérés , y comp ris le vôtre, to us égalemen t pressés , un ensemble de 160 pages . Oui, je désire que vous comptiez sur moi. Quel jour commencerai-je à prendre pour vous les 24 ou 48 heures nécessaires, je n'en sais rien aujourd'hui , je sais seulement que jour à jour je ferai ce que j'ai à faire. Je vo us récrirai de nouveau aussit ôt que je serai calmé ... Il y a 4 jours, j'ai rencontré M. Gide, et comme j'étais curieux de savoir si vous étiez fort embarrassé par ma faute, je l'ai questionné à ce sujet. Il m'a affirmé qu'aucun embarras ne pouvait venir actuellement par moi. Vous trouverez cette lettre une mauvaise réponse. Elle contient la vérité pure : un grand trouble, beaucoup d'arriéré, et la certitude que je finisse votre affaire. En même temps, le Pierre Dupont... » (2 pp. in-8, trace d'onglet au verso). – Lettre autographe signée « Charles Baudelaire ». [Paris, vers le 4 juin 1861]. « Je me suis remis ce mati n à vot re Hugo , vous pouvez donc être tranquille de ce côté. Je sors de chez M. Claye, à qui j'ai demandé une bonne ép reuve de Gautie r, Leco nte de Lisle, et Barbier , mais il pa raît qu'il n'est pl us temps , et que ce serait un vif embarras. Je demande avec insista nce une bonne ép reuve de Desbo rdes -Valmore, et une bonne ép reuve d'Hégésippe Moreau, avant que vous n'ayez fait décomposer. D'après ce que vous m'avez dit hier soir, il me pa raît inutile de fai re compose r Pierre Dupont, Le Vavasse ur et Pet rus Borel , puisque dans chac une de ces notices il y a des choses choquantes pour vo us [la notice sur Dupont comportait des critiques qui pouvaient sembler malvenues à l'égard d'un ami, celle sur Le Vavasseur comportait un passage évoquant le poète « presque nu », celle sur Borel en montrait explicitement le côté excessif, bousingot]. Ayez bien soin de ne pas égarer les trois manuscrits, le quatrième (Hégésippe) étant représenté par une bonne épreuve... » (1 p. 3/4 in-8, en-tête imprimé « Poulet-Malassis et de Broise, libraireséditeurs à Paris », adresse au dos, feuillet d'adresse avec trace d'onglet et petite déchirure due à l'ouverture sans atteinte au texte). – Lettre autographe signé de ses initiales en 2 endroits. [Paris, peut-être juin 1861]. « Je ne puis m'occ upe r que des reto uches de Pierre Dupont, puisque je co nsidère les deux autres comme excelle ntes [les notices sur Borel et Le Vavasseur]. Vot re ave uglement seul fait obstacle à ce que vo us soyez de mon avis . Je vous en supplie, ne m'en parlez plus. Vous aurez votre épreuve lundi. Quant aux citations, vous savez ce qui a été décidé , tout au plus puis-je vous donner quelques conseils pour le choix , mais à quoi bon ? Je pars à la fin du mois. Pensez aux autres dont je n'ai pas encore eu les épreuves... » (1 p. in-16, adresse au dos, feuillet d'adresse avec trace d'onglet et déchirure anciennement restaurée affectant le texte sans manque). – Lettre autographe signée de ses initiales. [Paris, peut-être juin ou été 1861]. « J'avais même exprimé le dési r de revoi r to utes les citatio ns (et pe ut-être d'en ajoute r une). Il me semble que ce serait prudent, car vous voyez que, sans compter les trois vers que j'ai changés, il y avait passableme nt de fa utes , alté rant le te xte et le sens. Si cet enfant vous trouve, remettez-lui les autres , s'il ne vous trouve pas, envoyez-les moi dans la soirée, vous les aurez avant demain. (No n seulement Les Contemplations, mais aussi La Légende . J'espère que j'irai là-bas en juillet. Je vous renverrai le tout)... Supprimez la note ajoutée si vous la trouvez superflue. » (1 p. in-8 carré, adresse au dos, feuillet d'adresse avec trace d'onglet, restauration à un manque angulaire affectant les deux feuillets sans atteinte au texte). – Lettre autographe signée de ses initiales. [Paris], 19 juin 1861. « Depuis plusieurs jours, toutes vos épreuves remaniées sont chez vous, et il y a pour vous 100 fr. chez Malassis, tiers des 300 que j'ai reçus, comme vous pouvez vous en assurer sur les registres de la revue [la Revue fantaisiste à qui Baudelaire confia neuf de ses notices écrites pour les Poètes français]. Comme votre lettre m'a inquiété, j'ai voulu voir madame Crépet , elle était absente. Ensuite je suis allé à l'imprimerie où on n'a rien reçu. Avant de quitter Paris, je veux to ut reli re, d'ailleurs les quat re dernières ont besoi n d'être rel ues après co rrectio n. Et enfin, il sera nécessai re de mett re une note dans la notice sur Valmore... Je ne peux vous répondre que chez vous. Vous ne me dites pas où vous êtes et le timbre de la poste est illisible. » (1 p. 1/2 in-8, petits accrocs marginaux et très légère trace d'onglet, sans atteinte au texte). – Lettre autographe signée « Charles Baudelaire ». [Paris], 9 septembre 1862. « Votre précieuse lettre est arrivée trop tard. Je ve ux dire que j'ai le 4e vol ume des Poètes français. Je l'ai pa yé, bie n ente ndu. Je garde la facture aussi soigneusement que votre lettre. Quant à vos livres , vot re réclamatio n n'est que trop juste , il était puéril de prendre une forme aussi impé rieuse. Je n'ai souvenir exact que des Contemplations et de La Légende des siècles , dans la crainte de me tromper, je vais réclamer tout ce que l'on pourra trouver de Victor Hugo chez moi... » (1 p. in-12 carré, trace d'onglet au verso). Joint, 2 pièces : – Crépe t (Eugène). Brouillon autographe signé à Charles Baudelaire. Paris, 14 septembre 1862. Il s'agit de sa dernière lettre au poète, répondant à la dernière lettre reçue de lui (celle du 9 septembre 1862, ci-dessus) : il y explique « combien l'accent presque toujours dédaigneux, impératif et quasi-dictatorial de [sa] correspondance [l'] a blessé ». – Poulet-Malassis (Auguste). Lettre autographe signée à Eugène Crépet. Paris, 29 septembre 1861. Concernant ses droits sur les poésies de Baudelaire, Banville, Châtillon et Leconte de Lisle, et sur la notice de Baudelaire relative à Banville. Provenance : bib liothèque du grand collectionneur baudelairien Armand Godoy. D'origine cubaine, poète francophone et traducteur de l'espagnol, Armand Godoy (1880-1964) réunit une importante bibliothèque d'imprimés et de manuscrits de Baudelaire. Charles Baudelaire, Correspondance, t. I, pp. 590, 592-593, 611, 647, t. II, pp. 43, 46, 50, 95, 104, 124-125, 172, 172-173, 173, 174, 258-259. – Pour la lettre d'Eugène Crépet : Lettres à Charles Baudelaire, p. 106.
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