1929 CHENARD & WALCKER 1500 GRAND SPORT "TORPILLE" TYPE Y7

Lot 103
100 000 - 130 000 €

1929 CHENARD & WALCKER 1500 GRAND SPORT "TORPILLE" TYPE Y7

Numéro de série 75531
Ex-Collection Serge Pozzoli
Prête à rouler
Carte grise française

Chenard & Walcker, la marque de Gennevilliers qui arbore l’aigle comme emblème, présente au salon de Paris 1927 deux nouveaux modèles sport à moteur 1500 cm3. Dénommée Y8, la 1500 surbaissée est équipée d’une carrosserie « tank » alors que la version semi surbaissée qui prend le type Y7 est habillée d’une carrosserie Grand Sport fuselée appelée « Torpille ». Il faut aussi noter la possibilité de commander le châssis Y7 avec une carrosserie conduite intérieure deux portes en bois contreplaqué. Le moteur était commun aux deux versions. Il s’agissait d’un tout nouveau quatre cylindres avec culasse à turbulence Ricardo. Les cotes sont de 69 mm d’alésage et de 100 mm de course. L’ingénieur Toutée a dessiné un moteur très court avec graissage sous pression et radiateur d’huile, soupapes d’admission en tête et soupapes d’échappement latérales. Un gros carburateur Solex assure l’alimentation. Il faut noter la présence d’un petit tuyau qui vient du collecteur d’échappement pour réchauffer le collecteur d’admission. Le régime atteint facilement les 4 000 tr/mn. La boite de vitesses comprend quatre rapports et la M.A. Les freins, point fort de la marque, présentent un diamètre de 320 mm. L’empattement s’établit dans la moyenne des voitures de sport de l’époque à 2,55 m. Les suspensions sont assurées par quatre couples ressorts semi elliptiques et amortisseurs à friction. La vitesse maximale est annoncée pour 135 km/h comme le souligne le catalogue: « Les nombreux mais cependant sévères essais auxquels cette merveille de
mécanique a été soumise depuis plusieurs mois, ont prouvé, au chronomètre, qu’une vitesse de 135 kilomètres-heure peut être atteinte aisément sans aucune vibration et avec une tenue de route parfaite. » Coté compétition, les 1500 Tank et Torpille s’illustrent aussi bien en courses de cote (Gaillon, Mont Ventoux, Gometz-le-Chatel,…) qu’en courses de vitesse ou d’endurance (24H de Belgique, 6H de Tunisie, G.P. d’Alger, G.P du Maroc, Paris-Nice,…). C’est Madame Michel DORE qui, finissant 9ème au général, remporte
la Coupe des Dames lors de l’édition 1930 du Rallye de Monte Carlo. On retrouve aussi ces Chenard & Walcker 1500 Sport lors de certains concours d’élégance comme celui de Montlhéry en 1930. La « Torpille » participante y était présentée comme carrossée par Geneix et Pinel; sur la photo elle pose à côté d’une Auburn. La Torpille était proposée au tarif de 27 700 francs, elle était livrée complète avec sa carrosserie fuselée à deux places avant et une arrière, une peinture bleu France, une sellerie en simili-cuir rouge et des ailes avant enveloppantes et pivotantes. La pointe arrière s’ouvre pour découvrir la roue de secours. La forme générale de la « torpille » est originale, elle est reconnaissable entre toutes les voitures très facilement. L’historique de notre Chenard & Walcker Y7 « Torpille » est bien connu depuis sa découverte dans les années 60’. C’est à ce moment que l’historien de l’automobile et collectionneur au gout très sûr, Serge Pozzoli découvre cette voiture. Il la conservera dans son fabuleux musée du Gérier jusqu’à sa mort en
1992. Une vente aux enchères est organisée à Paris en février 1994 pour disperser une grande partie de cette extraordinaire collection. C’est alors qu’un collectionneur parisien s’en porte acquéreur. La voiture rejoint alors un garage de Gennevilliers à quelques hectomètres de son lieu de naissance. La voiture se présente dans un état totalement d’origine et apparait comme n’ayant jamais été mise en route lors de son long séjour au Gérier. Le moteur se trouve en très mauvais état, et c’est à une véritable résurrection que son heureux propriétaire va s’atteler. Il nous dit à plusieurs reprises que le sauvetage du moteur lui avait couté « une vraie fortune, tellement c’était abimé ». Carrossier de métier, le reste de la restauration ne présentait pas de réelles difficultés. Resplendissante,
cette « Torpille » reprit du service et participa à bon nombre de rallyes et d’expositions pour la plus grande joie de la famille, sans oublier les passionnés de la marque à l’aigle et toutes les personnes qui l’ont vu rouler ou exposée. En 2013, la voiture fut confiée au marteau de Maître Osenat, elle rejoint alors une autre collection, ne démarrant pas pendant plusieurs années. Acquise par son actuel propriétaire, elle fut ainsi entièrement révisée pour une remise en route. La boîte de vitesse fut restaurée et son moteur peut chanter à nouveau. Des flasques de roues furent même réalisées sur photos d’époque pour qu’elle retrouve son esthétique d’antan. En excellent état esthétique, sa carrosserie et son habitacle offrent un très bel aspect de restauration. Cette voiture est un objet historique rare, comme on n’en trouve que peu ! Elle a pris place parmi certaines des plus belles collections françaises et se veut particulièrement documentée. En 1974, dans l’album du fanatique de l’automobile n°73, S. Pozzoli écrivait qu’il connaissait deux autres « Torpille » soit un total de trois. De plus, sur la couverture de ce numéro il mit sa Chenard & Walcker « 1500 Grand Sport Torpille ». Pièce de collection rarissime et hautement désirable, cette authentique « Torpille » est une digne représentante des « 1500 Sport ». Ce n’est pas du tout un cyclecar, c’est une « vraie » voiture qui rentre dans la catégorie où l’on trouve les Bugatti 37 par exemple. Celle-ci est aujourd’hui disponible et ira certainement rejoindre une belle collection. Comme le disait Serge Pozzoli : « les voitures intéressantes finissent toujours chez ceux qui les méritent ».

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