BUGATTI TYPE 49 Numéro de série 49125 Torpédo...

Lot 212
300 000 - 380 000 €
Résultats avec frais
Résultat : 276 000 €

BUGATTI TYPE 49 Numéro de série 49125 Torpédo...

BUGATTI TYPE 49
Numéro de série 49125
Torpédo 4 places
à remettre en route
Le châssis 49125 serait arrivé en France d’Allemagne au début des années

quatre-vingt-dix, par l’intermédiaire du marchand anglais CHARLES

HOWARD.

La suite de l’histoire s’écrit sur la Côte d’Opale :

Un riche patron français sur le point de marier sa fille cherche un cadeau

original pour l’occasion.

Ayant une villégiature au Touquet, Mr D. connait la famille Quetelart

dont deux générations d’architectes ont produit parmi les plus belles

villas du style touquetois dans l’entre-deux guerres.

Louis Quetelart, collectionneur averti de Bugatti est désigné chef de

projet.

Il doit se procurer une Bugatti de tourisme assez spacieuse pour conduire

la mariée, le choix se porte sur un châssis de type 49 proposé à la vente.

La mécanique fût confiée au sorcier de Carpentras, Laurent Rondoni.

Le châssis sera ensuite acheminé à l’atelier de Dominique Tessier à

Chambray les Tours.

Celui-ci se souvient bien de la voiture :

« Le châssis roulant nous fut livré le 3 mars 1994.

Mr Quetelart vint nous visiter à la fin du mois, il voulait que la voiture soit

prête pour le mariage de la fille de son ami… Avant six mois, la livraison

devant se faire pour la fin du mois d’août.

Nous avons laissé tous nos autres travaux en cours pour travailler sur

cette Bugatti.

Nous avons réalisé la caisse en frêne et toute la carrosserie en aluminium.

Le client voulait s’inspirer des lignes du torpédo type 43 qui appartenait

à Hugh Conway, et désirait la couleur bleue nuit polie lustrée identique

à celle qu’il avait appréciée sur le type 49 torpédo de son ami Jean Yot.

Une ossature bois avait déjà été réalisée par le propriétaire, mais nous

n’avons pas pu la conserver.

Nous nous sommes également occupés du faisceau électrique.

Il a fallu créer de toute pièce le pare- brise, il en fut de même pour les

arceaux de capote et la capote noire en toile d’Alpaga.

Les 6 compteurs du tableau de bord nous ont été fournis, et nous

réalisâmes une planche en noyer blond.

Lorsqu’il fallut réaliser l’intérieur en cuir clair, la future jeune mariée se

rendit à notre atelier, choisit la couleur qui lui plaisait et repartie cinq

minutes plus tard.

Les sièges et le capitonnage intérieur furent réalisés avec du cuir de

qualité Connoly, en provenance de la réputée maison Tassin rue du

faubourg St Antoine à Paris, à partir de cuir beige clair de vachette pleine

fleur.

Dès la voiture finie, elle démarra et roula tout de suite. La livraison eut

lieu dans les délais, et le devis de 260.000ff fut tenu. »

La voiture fut enregistrée à la préfecture du Pas de Calais sous le numéro

2234 QR 62 le 21 novembre 1994.

Le jeune fils de L. Quételart, Louis-Richard, conduira la mariée sur la

route du bonheur sans aucun ennui mécanique.

Mais deux ans plus tard, la voiture n’avait pas encore trouvé une autre

occasion de rouler et le généreux père demanda à son ami de s’occuper

de revendre le carrosse nuptial.

Celui-ci rejoint les garages du négociant Edgar Bensoussan, au 30

boulevard Raspail à Paris.

C’est là qu’un négociant vint l’acheter en septembre 1999 avant de le

céder à Pierre Feidt.

Le torpédo est immatriculé au nom de celui-ci en date du 23 septembre

1999, sous le numéro 49 ZC 67.

Aujourd’hui :

La voiture est en parfait été mécanique et de présentation dans sa livrée

bleu Bugatti.

Le carter moteur porte sur sa patte avant droite le numéro L 48.

La patte arrière gauche du moteur porte lisible le numéro de châssis

49125.

Le carter supérieur porte sur sa face antérieure le numéro 24.

La boite à cames est également d’origine et porte sur sa face antérieur

le numéro 21.

Le boitier de direction est d’origine.

La boite de vitesse est du modèle type 49, originale et porte le numéro

149.

Son couvercle provient d’une autre boite, il est gravé 51.

L’essieu avant est conforme au modèle.

Le pont arrière semble d’une fonderie récente, il n’est pas numéroté et

laisse seulement voir un rapport inhabituel de 10x43.

Le châssis ne permet pas de lire de numéro gravé sur sa traverse arrière

qui est recouverte d’une épaisse couche de peinture.

Des photos du châssis dans l’atelier de restauration semblent montrer

nombre de perçages qui nous font penser qu’il est ancien et avait été

carrossé.

Les supports des lames de ressort arrière montrent des traces de fonderie

et les lames elles-mêmes sont estampillées et numérotées.

Certaines roues en aluminium coulé, brevet Bugatti sont numérotées.

La carrosserie, entièrement en aluminium, est un torpédo 4 places, dans

le style des Grand Sport type 38 et type 43.

Le tableau de bord est réalisé en bois clair avec les six compteurs dans

un ovale peint en noir.

Les sièges sont en cuir beige, de grand confort et permettent un accès

facile aux places arrière.

La capote tendue de noir est de belle facture.

La voiture présentée comporte des pièces mécaniques d’un véhicule livré

en Suisse fin 1930 :

La voiture 49125/moteur 48L :

Ce numéro correspond au châssis 49149, livré au concessionnaire Bucar

de Zurich le 23 décembre 1930, équipé de roues aluminium.

Une note de l’usine Bugatti indique : « 49149 voiture sortie avec la plaque

49125 ».

La patte arrière gauche du moteur porte lisible le numéro de châssis

49125.

Nous nous trouvons donc en présence du carter de la 49149 qui n’eut

jamais son vrai numéro de châssis client gravé sur le moteur ! Il s’agit

d’une erreur non corrigée par l’Usine.

En septembre 1930 avait été livrée en Algérie une autre voiture châssis

49125/mot 6.

L’origine du carter de la voiture est donc celui de 49149 à moteur 48L.

Mais nos investigations confirment le fait que la 49149 fut immatriculée

en Suisse sous le numéro 49125. Il s’agit bien de l’origine de certaines

pièces moteur de la voiture actuelle.

Cette voiture est sortie de la carrosserie Bugatti fin novembre 1930.

Elle avait reçu une caisse limousine dessin N o 950.

Elle est livrée par la route à Bucar en Suisse la veille du réveillon de Noël

1930.

Nous retrouvons après-guerre la trace de cette voiture dans les archives

de la Police suisse.

Elle est décrite comme limousine, immatriculée ZH 25673 au nom de

Hermann HARDMEIER, chimiste, habitant Dübendorf dans le canton

de Zurich.

Cette immatriculation doit dater des années cinquante.

Nous perdons ensuite la trace de la voiture pour la retrouver semble-t-il

en Allemagne en châssis vers 1990. Il est difficile d’affirmer que le châssis

actuel est bien celui de cette voiture, mais cette origine est possible.

Ce torpédo type 49 quatre places en aluminium, représente donc ce qu’il

y a de plus léger et de plus fiable en Bugatti 8 cylindre de tourisme.

Le double allumage et le ventilateur sont un plus par rapport à la 3 litres

type 44.

Elle est sans doute une des plus souples mécaniques produites par l’usine

de Molsheim.

Le moteur mis au point par l’atelier de L. Rondoni est une référence

et la carrosserie due au carrossier D .Tessier est une autre signature

incontournable dans le milieu de l’automobile de collection de qualité.

Pierre-Yves LAUGIER
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