[BONAPARTE (Napoléon) et JOSÉPHINE de Tascher de La Pagerie]

Lot 18
80 000 - 100 000 €
Résultat : 350 000 €

[BONAPARTE (Napoléon) et JOSÉPHINE de Tascher de La Pagerie]

Acte notarié, expédition authentique signée par maître Raguideau et maître Jousset. 1796. 3 pp. 1/4 sur un bi-feuillet de papier azuré, monté dans un portefeuille de maroquin vieux rose, dos lisse avec titre doré en long, filet brun encadrant les plats avec points dorés aux angles, doublures et gardes de chamois gris, étui bordé (Loutrel). EXTRAORDINAIRE SOUVENIR D'UN DES COUPLES LES PLUS CÉLÈBRES DE L'HISTOIRE. «... furent présens Napolione Buonaparte... et Marie Josèphe Rose Tascher veuve... Beauharnois» Une fois le mariage décidé, au tout début de février 1796, les bans furent publiés le 7 février (17 ventôse an IV). La minute du contrat de mariage fut signée l'aprèsmidi du 8 mars 1796 (18 ventôse) devant les notaires Maurice-Jean Raguideau de La Fosse et Étienne-Gabriel Jousset (qui exerçaient rue Saint-Honoré) et en présence du futur général comte Jean-Léonor-François Le Marois, alors aide de camp de Bonaparte. La cérémonie du mariage elle-même se tint le lendemain, 9 mars (19 ventôse). Le contrat de mariage fut enregistré à Paris le 18 mars 1796 (28 ventôse), et les expéditions, c'est-à-dire les copies authentiques destinées aux époux, furent dressées dans la foulée. Bonaparte à la veille de se couvrir de gloire en Italie Ayant acquis une première célébrité par son action au siège de Toulon (1793), qui lui valut le grade de général, et au cours de la journée insurrectionnelle du 13 vendémiaire (5 octobre 1795), Napoléon Bonaparte venait d'être nommé commandant en chef de l'armée d'Italie le 2 mars 1796. Le présent acte le désigne encore comme général en chef de l'armée de l'Intérieur car sa nouvelle nomination ne devait prendre effet qu'à partir du 11 mars 1796, date à laquelle il partit pour prendre son commandement. Joséphine Belle aristocrate créole, d'un caractère indépendant, Joséphine avait subjugué Bonaparte: s'il se montra sensible à la séduction indéniable de cette femme accomplie, nourrissant alors pour elle un amour enflammé, il comprit par ailleurs tout le parti qu'il pouvait tirer des relations de celle-ci, veuve d'un important général de la Révolution et amie intime de l'homme fort du Directoire, Barras. Cette alliance surprit néanmoins ses contemporains, et rebuta la famille Bonaparte, Joséphine étant déjà âgée d'une trentaine d'année, mère de deux enfants et sans véritable fortune personnelle. «Pardevant les notaires a Paris soussignes, FURENT PRESENS NAPOLIONE BUONAPARTE, GENERAL EN CHEF de l'armee de l'Interieur, demeurant a Paris rue d'Antin..., originaire d'Ajaccio en Corse, fi ls de defunt Charles Buonaparte et de Letizien Ramolini son epouse, actuellement sa veuve, stipulant pour lui et en son nom, d'une part, ET MARIE JOSEPHE ROSE TASCHER VEUVE D'ALEXANDRE FRANCOIS MARIE BEAUHARNOIS, duquel elle a deux enfans [Eugène et Hortense], demeurant a Paris rue Chantereine..., ladite citoyenne nee en l'isle Martinique du mariage de Gaspard Tascher capitaine de Dragons et Rose Claire Des Vergers, son epouse, stipulant pour elle et en son nom, d'autre part, lesquelles parties, dans la vue du mariage propose entre elles en ont arrete les conditions civiles ainsi qu'il suit. Article 1er. IL N'Y AURA AUCUNE COMMUNAUTE DE BIENS ENTRE LES FUTURS EPOUX... En consequence les futurs epoux ne seront nullement tenus des dettes et hypotheques l'un de l'autre. Article 2e.... Chacun des futurs epoux jouira a part et divisement des biens, droits et actions tant meubles qu'immeubles lui appartenant et pouvant lui appartenir par la suite a quelque titre et a quelque cause que ce soit et en quoi qu'ils puissent consister... la future epouse ne restant tenue de recourir a l'autorisation de son mari que pour les actes qui enporteroient alienation de ses capitaux. Le futur epoux autorise d'ailleurs la future epouse a continuer les fonctions de la tutelle qui lui a ete deferee des deux enfans mineurs issus de son premier mariage... Article 3e Chacun des futurs epoux contribuera pour moitie aux charges du mariage. Article 4e Le futur epoux constitue a la future epouse un douaire de quinze cens livres de rente annuelle et viagere, valeur ancienne... Article 5e ARRIVANT LA DISSOLUTION DU MARIAGE, la future epouse et ses heritiers reprendront: 1° les habits, linge, hardes, dentelles, argenterie, bijoux et diamants a l'usage personnel de ladite future epouse, 2° tous les meubles et autres objets mobiliers et quelqu'espece qu'ils soient que la future epouse ou ses heritiers justifi eront avoir ete acquis par elle ou autrement lui appartenir. Article 6e La future epouse declare et le futur epoux reconnois que les meubles, linges, l'argenterie, et generalement tous les biens meubles corporels dont la future epouse est maintenant en possession appartiennent a la communaute qui a subsiste entre elle et son premier mari et qui a continue avec ses enfans faute par elle d'avoir fait faire inventaire dans le delai prescrit par la loi. Que la future epouse fait actuellement proceder a cet inventaire et qu'il est sur le point d'etre mis a fi n. QU'ELLE, FUTURE EPOUSE, NE PEUT DECLARER MAINTENANT LE MONTANT DE SA FORTUNE parce que tout depend de la question de savoir si elle acceptera la communaute ou si elle y renoncera, ce a quoi elle ne peut se determiner qu'apres la confection dudit inventaire...» «Pardevant les notaires a Paris soussignes, FURENT PRESENS NAPOLIONE BUONAPARTE, GENERAL EN CHEF de l'armee de l'Interieur, demeurant a Paris rue d'Antin..., originaire d'Ajaccio en Corse, fi ls de defunt Charles Buonaparte et de Letizien Ramolini son epouse, actuellement sa veuve, stipulant pour lui et en son nom, d'une part, ET MARIE JOSEPHE ROSE TASCHER VEUVE D'ALEXANDRE FRANCOIS MARIE BEAUHARNOIS, duquel elle a deux enfans [Eugène et Hortense], demeurant a Paris rue Chantereine..., ladite citoyenne nee en l'isle Martinique du mariage de Gaspard Tascher capitaine de Dragons et Rose Claire Des Vergers, son epouse, stipulant pour elle et en son nom, d'autre part, lesquelles parties, dans la vue du mariage propose entre elles en ont arrete les conditions civiles ainsi qu'il suit. Article 1er. IL N'Y AURA AUCUNE COMMUNAUTE DE BIENS ENTRE LES FUTURS EPOUX... En consequence les futurs epoux ne seront nullement tenus des dettes et hypotheques l'un de l'autre. Article 2e.... Chacun des futurs epoux jouira a part et divisement des biens, droits et actions tant meubles qu'immeubles lui appartenant et pouvant lui appartenir par la suite a quelque titre et a quelque cause que ce soit et en quoi qu'ils puissent consister... la future epouse ne restant tenue de recourir a l'autorisation de son mari que pour les actes qui enporteroient alienation de ses capitaux. Le futur epoux autorise d'ailleurs la future epouse a continuer les fonctions de la tutelle qui lui a ete deferee des deux enfans mineurs issus de son premier mariage... Article 3e Chacun des futurs epoux contribuera pour moitie aux charges du mariage. Article 4e Le futur epoux constitue a la future epouse un douaire de quinze cens livres de rente annuelle et viagere, valeur ancienne... Article 5e ARRIVANT LA DISSOLUTION DU MARIAGE, la future epouse et ses heritiers reprendront: 1° les habits, linge, hardes, dentelles, argenterie, bijoux et diamants a l'usage personnel de ladite future epouse, 2° tous les meubles et autres objets mobiliers et quelqu'espece qu'ils soient que la future epouse ou ses heritiers justifi eront avoir ete acquis par elle ou autrement lui appartenir. Article 6e La future epouse declare et le futur epoux reconnois que les meubles, linges, l'argenterie, et generalement tous les biens meubles corporels dont la future epouse est maintenant en possession appartiennent a la communaute qui a subsiste entre elle et son premier mari et qui a continue avec ses enfans faute par elle d'avoir fait faire inventaire dans le delai prescrit par la loi. Que la future epouse fait actuellement proceder a cet inventaire et qu'il est sur le point d'etre mis a fi n. QU'ELLE, FUTURE EPOUSE, NE PEUT DECLARER MAINTENANT LE MONTANT DE SA FORTUNE parce que tout depend de la question de savoir si elle acceptera la communaute ou si elle y renoncera, ce a quoi elle ne peut se determiner qu'apres la confection dudit inventaire...» Les doutes de maître Raguideau: «Vous allez épouser un homme qui n'a que la cape et l'épée» Bourrienne, qui servirait peu après Bonaparte comme secrétaire particulier, rapporte une anecdote qu'il dit tenir de Joséphine elle-même, et qui appartient à l'époque où «Bonaparte faisait la cour à madame de Beauharnais»: «Un jour ils allèrent ensemble chez le notaire Raguideau, un des hommes les plus remarquablement petits que j'aie vus de ma vie; madame de Beauharnais, qui avait une grande confi ance dans Raguideau, allait précisément chez lui ce jour-là pour lui faire part du parti qu'elle avait pris d'épouser le jeune général d'artillerie, protégé de Barras. Joséphine étant entrée seule dans le cabinet du notaire, Bonaparte resta à l'attendre dans l'étude où se tenaient les clercs. La porte du cabinet de Raguideau étant mal fermée, Bonaparte l'entendit très distinctement qui faisait tous ses eff orts pour détourner madame de Beauharnais du mariage qu'elle allait contracter. «Vous avez le plus grand tort, lui disait-il, vous vous en repentirez, vous faites une folie, vous allez épouser un homme qui n'a que la cape et l'epee.» - «Bonaparte, me dit Joséphine en me racontant ces circonstances antérieures, ne m'a jamais parlé de cela; et je ne croyais pas même qu'il eût entendu ce que me disait Raguideau. Pourrez-vous, Bourrienne, vous fi gurer mon étonnement, lorsque le jour du sacre, dès qu'il fut revêtu du costume impérial, il dit: «Que l'on aille chercher Raguideau; qu'il vienne sur le champ; j'ai à lui parler». Raguideau fut promptement amené devant lui, et alors il lui dit: «Eh bien ! n'ai-je que la cape et l'epee ?»» Ce récit, bien qu'extrait de Memoires aussi célèbres que sujets à caution (Paris, Ladvocat, 1829, t. VI, pp. 236-238), illustre néanmoins parfaitement la confi ance qu'inspirait à Joséphine le notaire Raguideau qu'elle choisit aussi pour dresser l'acte d'achat du château de Malmaison. ALFRED DE VIGNY S'INSPIRERAIT DE L'ANECDOTE DANS SERVITUDE ET GRANDEUR MILITAIRES, pour écrire «Le dialogue inconnu», chapitre V de «La Canne de jonc». La séparation de biens validée à la demande de Joséphine trois jours avant son achat de la Malmaison tandis que Bonaparte en Égypte court tous les dangers Le présent document porte une apostille du tribunal civil de la Seine datée du 18 avril 1799, attestant de l'insinuation (inscription d'un acte privé sur un registre public) du contrat de mariage du futur couple impérial. Bonaparte assiégeait alors la ville d'Acre en Syrie, et Joséphine allait acheter le château de Malmaison le 21 avril 1799. Elle emprunterait pour cela des sommes que Bonaparte rembourserait personnellement à son retour. «Insinue a Paris au bureau etabli pres le tribunal civil du departement de la Seine le vingt neuf germinal an sept [18 avril 1799]... & transcrit tout au long les articles premier & cinq au registre de forme dudit tribunal... a la requisition du porteur qui a signe sur ledit registre & [a été] averti de la declaration a faire dans les six mois du deces du premourant & de reiterer l'insinuation de l'article premier relatif a la non communaute au greffe du tribunal civil...» JOINT, le certificat d'exportation concernant ce document
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