1928

Lot 311
Résultat : 550 000 €

1928

BUGATTI Type 37 Châssis 37363 Moteur 252 A L'USINE Le moteur 252. Le moteur 252 fait partie d'une série de dix assemblés en décembre 1927. Après cette période, seulement cinq autres moteurs de type 37 sans compresseur seront fabriqués à l'usine Bugatti. Il s'agit des moteurs 286 à 290, assemblés en juin 1929. La production du Type 37 s'interrompt de février 1928 à février 1929. La vente des voitures est distillée jusqu'en 1931. LE CHÂSSIS Le moteur 252 est sans doute déjà monté dans le châssis en janvier 1928 comme nous l'indique le numéro de cadre qui est dans une série de voitures mises sur la route à cette période. Il semble que le châssis de type 37 à moteur 252 soit roulant dès le Printemps 1928.Il peut avoir été utilisé comme voiture d'entrainement pendant un an. Il reçoit le numéro de châssis 37363 seulement en mai 1929 lors de sa vente au client. LA VENTE. Le registre de vente de l'usine Bugatti indique en regard du numéro de châssis 37363: «L.Boucher 37363-252. 24/5/1929.» Le registre de facturation indique «37363 L.Boucher Limoges, prix net 43.200ff» L'acheteur du véhicule est le concessionnaire Bugatti de Limoges, Léon Boucher. Celui-ci est propriétaire du Grand Garage Moderne et du Grand Garage de la Paix situés 21 rue Bernard Palissy et 5 boulevard de Fleurus dans cette ville. L.Boucher n'hésite pas à s'engager dans les épreuves locales au volant de ses Bugatti. Il détient un record au volant de son type 43 Grand Sport lancé en septembre 1929 à 180 km/h sur la route Paris-Limoges. Léon Boucher confie alors ses souvenirs de pilote confirmé: «Je conduis depuis mon plus jeune âge. C'est moi qui ai demandé à mon père de tenir un volant. Personne ne m'a appris et j'ai su, parce que j'avais regardé les autres. L'émotion? Connais pas! Il me souvient des duels d'artillerie pendant la guerre. Mon commandant, homme brave certes, ne pouvait retenir un mouvement nerveux chaque fois qu'un obus arrivait et je m'amusais follement parce que je ne sourcillais jamais.Etant jeune je fus demandé par une société automobile pour procéder à des essais à Belfort. La personne qui me reçut me dit, en me montrant une piste de quatre côtés inégaux, à angles droits: Vous allez tourner à 120 à l'heure.Si vous vous tuez vous êtes un mauvais conducteur...». La Bugatti 37363 est acheminée par la route de Molsheim à Limoges. Elle reçoit les plaques d'immatriculations temporaires 1651 WW 5 pour la période du 25 au 29 mai 1929. Un employé du garage de Limoges a sans doute fait le trajet en train jusqu'à l'Usine. Et, livraison prise s'en est retourné par la route. UNE HISTOIRE DE LIMOUSINE. Après avoir effectué des recherches dans les archives de Police de la Haute-Vienne., il apparaît que la Bugatti n'est pas immatriculée par L. BOUCHER, ni par un autre amateur dans ce département. Il est fort possible que BOUCHER, s'il utilise la voiture en course occasionnellement, circule avec sa plaque garage numéro 1511 W 3 comme il le fait avec son Type 43 lors du record de septembre 1929. Une information complémentaire vient étayer cette hypothèse La voiture châssis 37363, est livrée une seconde fois à Limoges en mars 1930. Elle fut sans doute révisée à l'Usine à cette période. Entre le 25 et le 31 mars 1930, lui sont affectées les plaques temporaires Usine numéro 1657 WW 5. La voiture est livrée à un certain De COURRIÈRES à Limoges. Il peut s'agir d'un associé de L. BOUCHER ou du second propriétaire limougeaud du véhicule. Mais il n'enregistre pas la voiture en Préfecture. Un sieur Des COURRIÈRES était domicilié au château de Malaplane à Saint Léonard de Noblat. Il était amateur de belles autos, et s'occupait d'une concession Peugeot en Espagne. Il peut s'agir de notre homme. Cet excentrique était aussi écrivain. Il se maria avec une artiste de Music-hall américaine. Sa qualité de professionnel de l'automobile a pu le dispenser d'immatriculer la Bugatti en préfecture. La plus ancienne immatriculation connue de ce type 37, qui peut s'avérer être la première officielle, est à Paris en mai 1934. La voiture est enregistrée le 16 mai 1934 sous le numéro 3195 RJ au nom de André FAYETTE, domicilié 58 avenue Wagram. Il conserve l'auto pendant une année et la revend dans son département d'origine. Le 10 août 1935, la Bugatti est enregistrée à la Préfecture de Limoges sous le numéro 1472 ZL 2 au nom de Jean-Pierre LABUZE, 27 rue Louis Codet à Saint-Junien. Ce jeune homme de 21 ans, s'offre sans doute sa première voiture juste après l'obtention de son permis de conduire. Il fait ses armes à son volant pendant plusieurs mois avant de s'en séparer au Printemps suivant. Le 18 avril 1936, la Bugatti est acquise par Maurice Jean GAUME domicilié 10 rue des Argentiers à Limoges. La famille GAUME est dans le commerce de bières et charbon. Peu de temps après, le 19 août 1936, le véhicule passe entre les mains de Jean BENOIT, entrepreneur, domicilié 37 avenue des Ruchoux à Limoges. Ce propriétaire semble utiliser la voiture pendant trois ans. Un certificat de non gage est demandé le 19 juillet 1939.Une vente a pu être conclue peu de temps après. Mais la guerre vient brouiller les cartes et la voiture ne sera officiellement vendue qu'en 1946. Le 17 juin 1946, la Bugatti est enregistrée à la Préfecture de la Seine sous le numéro 3855 RP 1. Le nom du propriétaire parisien du véhicule restera inconnu, les documents de Police étant détruits. Il faut attendre 1951 pour voir réapparaitre la Bugatti dans le nouveau système d'immatriculation en 75. Le 6 avril 1951, la voiture est enregistrée sous le numéro 3202 Y 75 au nom de Jean RENARD, industriel, 43 rue Montesquieu à Asnières. Il tient un commerce de réparations autos et motos. Trois mois plus tard, le 4 juillet 1951, la voiture trouve preneur en la personne de Jacques LEVY, journaliste domicilié 189 rue de Courcelles à Paris. Celui-ci conserve la Bugatti environ quatre ans. LES COPAINS DE SAINT-CLOUD. Début décembre 1955, le véhicule est muté dans le département des Yvelines sous le numéro 5362 BN 78. Son nouveau propriétaire, Yves LERICHE est un jeune amateur de voitures domicilié au 16 rue de Montretout, sur la colline de Saint-Cloud à l'adresse de son beau-père dentiste. LERICHE semble avoir possédé l'auto avec un ami du nom de Pierre HAYER.La voiture est alors assez fatiguée mécaniquement. LERICHE l'utilise peu. Il écrit à l'usine Bugatti en décembre 1956 afin de connaitre la date de sortie de son véhicule. Le type 37 est donc encore entre ses mains à cette date. Il la cède bientôt à un ami de Saint-Cloud, Françis MUEL. Ce dernier possède à la même époque un type 37A châssis 37374.Un incendie du réservoir va détruire en partie la 37A à la Pâques 1957. Les deux Bugatti vont circuler aux mains de Françis MUEL avec la carte grise 5242 BH 78 de 37374 au nom de l'ancien propriétaire VITRAC depuis juin 1955 puis au nom de F. MUEL seulement en mars 1958. Il est possible que 37363 soit vendue à MUEL par son ami LERICHE sans carte grise mais il est possible que pour économiser une seconde taxe fiscale, les deux autos circulent avec la même carte grise en 1957. Il est acquis que la demande de carte grise en mars 1958 par MUEL au numéro 37374 concerne déjà 37363 et elle seule, car la voiture à compresseur est inutilisable. Bernard GAYMARD, ami d'enfance de F. MUEL et ingénieur de formation, a travaillé à l'époque à la rénovation du moteur de 37363. Leriche prétendait avoir révisé la mécanique mais de mauvaises surprises attendent B.Gaymard. Les coussinets de bielles sont défectueux et le moteur n'aurait pas tenu très longtemps. La voiture va pourtant participer à la rétrospective de la Course des 24 Heures du Mans en 1958. A cette occasion, elle est pilotée par George DELAROCHE, un garagiste du Mans qui participa à l'épreuve mancelle sur Type 37 en 1931 et 1932. Pour la manifestation de 1958, la Bugatti de MUEL était équipée d'une sorte de dynastar en bout de vilebrequin. Le moteur du Type 37 est révisé à temps pour le mariage de Francis MUEL à Chambourcy en 1960. Elle avait déjà accompagné B. GAYMARD lors de son mariage en juin 1958. Le témoin du marié était venu en 57SC Atalante. Fin 1961, Claude MARTIN de Rueil Malmaison, le fils de C.A MARTIN, concessionnaire et pilote Amilcar, apprend l'existence des deux Bugatti de Muel à Saint-Cloud. Il se rend dans la propriété du boulevard Dailly et découvre la voiture à compresseur non remontée depuis son incendie et la 37363 en état de marche. Les deux autos sont acquises pour un peu moins de 10.000 NF. La Type 37 est achetée pour le compte d'un client du Vésinet.... Le 28 décembre 1961, la Bugatti 37363, avec plaque châssis et papiers 37374 est immatriculée au nom de Jean-Michel CEREDE au Vésinet. La voiture à compresseur châssis 37374 conservera les papiers et la plaque châssis 37363 lorsqu'elle sera acquise par M. NÈGRE de Paris en 1969. J-M CÉRÈDE va utiliser l'auto pendant plus de 40 ans en lui conservant son état d'origine. Seule la pointe arrière dut être refaite et plus tard le soubassement. Le tableau de bord ancien troué de multiples compteurs fut remplacé. La voiture participe à l'inauguration du Circuit Bugatti au Mans en 1966. Pendant les années quatre vingt, Hélène et Jean-Michel CÉRÈDE seront les animateurs des week-ends Bugatti de mars à Montlhéry. Leur type 37 sera de toutes les sorties. Finalement la voiture est vendue par J-M CÉRÈDE à un amateur de Bugatti résidant en Normadie, M. COMPAGNON de Villequier en février 2004. La Bugatti bénéficia d'une remise en état mécanique et cosmétique. L'analyse du véhicule révèle que celui-ci a conservé son châssis d'origine. La boîte à cames porte le numéro du moteur. Le carter inférieur moteur est regravé mais sans doute dans les premières années de vie du véhicule. La boite de vitesse, le pont arrière et sa jambe de force portent des numéros concordant parfaitement avec la voiture 37363/moteur 252. La plaque châssis 37363 sera remise avec la voiture. L'échange des plaques fut accepté par les propriétaires de 37363 et 37374. Le type 37 est la plus simple des Bugatti de course. Le modèle présenté aujourd'hui possède un historique en France connu depuis sa sortie d'Usine. Son identité est incontestable. Son plaisir de conduite n'a rien à envier aux Type 35 plus puissants et plus délicats d'entretien. P.- Y. LAUGIER, mai 2013
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