1926

Lot 218
15 000 - 20 000 €
Résultat : 17 000 €

1926

LA BUIRE 14 CV Type 12 Châssis n° 1494 Moteur n° 1506 A immatriculer en collection C'est en 1847 que monsieur Frossard de Saugy créa à Lyon les chantiers de La Buire, dans le quartier du même nom. La société est dédiée à la construction mécanique et plus spécialement au matériel roulant pour les chemins ferrés. Innovant en permanence, sa réputation surpasse rapidement les frontières. La diversification vers l'automobile est entreprise dès le tout début du XXème siècle. Après avoir présenté les premiers châssis en 1904, c'est le 6 mai 1905 que la Société Anonyme des Automobiles La Buire est fondée. Le directeur commercial est monsieur Audibert, l'ancien associé de monsieur Lavirote et le directeur technique est monsieur Berthier, qui vient de chez Rochet-Schneider. Ces deux personnages ont donc déjà une solide expérience dans le domaine. La marque se bâtit rapidement une solide et excellente réputation aussi bien en compétition en remportant de très belles victoires que sur la qualité de ses fabrications. Silencieuses, robustes et infatigables, les La Buire sont régulièrement récompensées lors des concours notamment pour leur innovation. La gamme s'étoffe, les commandes vont bien et un magasin parisien est implanté sur les Champs Elysées. Mais la faillite de la maison mère fin 1909 entraine celle des automobiles qui pourtant se portaient bien. En 1910, la Société nouvelle des Automobiles La Buire voit le jour et continue la fabrication. Les voitures sont toujours innovantes et en 1913 elles reçoivent le démarreur électrique. Après la grande guerre, les usines s'agrandissent et déménagent dans la Grande Rue de Montplaisir à Lyon. Les modèles principaux et les plus connus sont ceux équipés du radiateur en coupe vent. Le type 11 est le premier avec ce radiateur, c'est une 12 chevaux. Le type 12 avec son moteur 14 chevaux est imbattable en course de cote et remporte beaucoup de victoires, cc Limonest, cc Planfoy, cc des Alpilles,... Pour compléter la gamme, en 1923 un nouveau modèle 10 chevaux remplace la 12 chevaux et les freins avant apparaissent de série sur toutes les voitures. La marque ne réussira pas à traverser la grande crise de 1930. L'exemplaire présenté a vécu une vie sereine. Son premier propriétaire, un important industriel du tissage de coton dans les Vosges, l'a immatriculée en 1926. Il s'agit d'un type 12, le modèle haut de gamme de la marque, catalogué pour quatorze chevaux. La carrosserie « usine » est une impressionnante limousine avec une belle séparation à vitres arrondies sur les cotés et coulissantes dans la partie centrale. La légèreté de la caisse est confirmée par le choix d'une construction souple type placage bois recouvert de moleskine. Mise à part la partie basse de la porte avant gauche très légèrement abimée, la carrosserie se trouve dans un superbe état général d'origine avec sa peinture deux tons vert foncé et noir. Les six roues en 6,00x21 sont à moyeux Rudge et raies bois. A l'arrière on trouve des supports pour une malle de voyage. En supplément, la voiture fut équipée de pare-chocs MJParis montés avec un astucieux système d'amortissement. Les très beaux phares à montage par fourches ainsi que tout le système électrique proviennent de l'excellente maison Ducellier. Les outils présents comprennent notamment la clé pour les roues, et un très complet nécessaire à réparation Michelin dans son joli coffret d'origine en bois. Le grand radiateur en coupe-vent donne beaucoup d'allure à cette limousine de prestige. Le pare-brise, un Duvivier, s'ouvre dans sa moitié supérieure. Pour une raison inconnue, il manque les amortisseurs avant. L'essieu avant est équipé d'immenses freins de la meilleure qualité brevetés par Perrot. Le moteur de cette La Buire est un 4 cylindres de presque 3 litres avec soupapes en tête. Sa longue course le rend extérieurement imposant. Très bien dessiné, il remplit bien le capot. Pour alimenter le carburateur horizontal Zénith de 36, un élévateur d'essence OS est installé. Les fils de bougies venant de la magnéto atteignent discrètement les bougies derrière un cache en aluminium bouchonné. Une prise en porcelaine est montée sur la cloison par feux, certainement pour y brancher une baladeuse électrique. C'est assurément un moteur de qualité, mais qu'il faudra démonter pour une révision après 58 ans de stockage. Le compartiment avant, réservé au chauffeur, possède des boiseries et une sellerie en cuir superbement bien conservées. Les portes sont équipées de poches aumônières. A part le compteur de vitesses, le tableau de bord est complet et possède son « Saint Christophe » au nom du premier propriétaire ainsi qu'une pression d'huile, un ampèremètre, une montre et un Nivex. Le chauffeur pouvait corner de deux façons avec une poire pour la ville et plus puissamment sur la route avec un avertisseur sonore électrique de marque Cicca. En cas de pluie, c'est un moteur américain Trico à dépression qui est chargé de commander l'essuie glace. Un extincteur fait aussi partie de l'équipement intérieur. Le compartiment arrière est tendu d'un superbe tissu bleu à rayures entièrement recouvert de housses, elles aussi en tissu bleu et blanc. Cette sellerie se trouve dans un exceptionnel état d'origine. A l'arrière toutes les zones découvertes derrière les housses montrent un état très proche du neuf, c'est incroyable et cela s'explique très bien par le fait que jamais personne n'a utilisé cette sellerie. Deux strapontins sont présents et portent à sept le nombre de places assises. Les six glaces latérales et la lunette arrière sont équipées de rideaux automatiques. Les places de « Monsieur » et de « Madame » sont équipées de plafonniers orientables de lecture, de brassières et de cantines sans oublier le cornet pour communiquer avec le chauffeur. Le luxe de ce compartiment se veut discret, chaleureux et raffiné. Régulièrement utilisée jusqu'à la guerre, cette splendide La Buire n'a jamais changé de famille. Elle servit encore un peu après la guerre mais fut définitivement remisée en 1953 et n'a plus bougé depuis. Cette La Buire type 12 est née à Lyon mais à vécu toute sa vie dans les Vosges. Après 85 ans, elle est pour la première fois à vendre et cela de nouveau dans son pays natal. Cette voiture de maître se caractérise par sa marque, sa rareté, sa qualité de fabrication et surtout par son état exceptionnel de conservation d'origine. Les amateurs et les connaisseurs ne s'y tromperont pas.
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